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Bulletin Quotidien Europe N° 13222
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Le PE demande la mise sur pied d'une mission européenne de recherche et secours en mer

Après en avoir débattu avec la Commission et la Présidence du Conseil de l’UE mercredi 12 juillet, les eurodéputés ont adopté le 13 juillet par un vote à main levée une résolution demandant aux États membres et à l’agence Frontex de renforcer leurs moyens et opérations de recherche et secours de migrants en mer.

La résolution appelle aussi à mettre en place une opération de recherche et secours en mer européenne.

Initiée par un nouveau naufrage au large de la Grèce à la mi-juin ayant fait plus de 82 victimes et potentiellement plus de 600 disparus, la résolution demande à l’UE et aux États membres de lancer « des opérations de recherche et de sauvetage plus actives et coordonnées » et de fournir suffisamment de moyens en termes de navires, d’équipements et de personnel dédiés à ces opérations.

Les États membres devront également utiliser pleinement les navires exploités par des ONG.

Par ailleurs, la résolution condamne les réseaux de passeurs et la traite des êtres humains, tout en réaffirmant que des voies sûres et légales, notamment par la réinstallation, constituent le meilleur moyen d’éviter les pertes en mer.

Les députés proposent également que davantage d’informations présentant les dangers de cette route soient diffusées aux habitants des pays tiers.

Sur la coopération avec les pays tiers, la résolution demande à la Commission de fournir des informations complètes sur tous les types de soutien que l’UE et ses États membres apportent aux garde-frontières et aux garde-côtes de pays tiers, comme la Libye, la Turquie, l’Égypte, la Tunisie et le Maroc.

Conditionnalité des fonds de l’UE

Étant donné que les personnes secourues ne devront être débarquées que dans des lieux sûrs, les députés invitent la Commission et les autorités nationales à évaluer les allégations de violations graves des droits fondamentaux par les garde-côtes libyens et à mettre fin à cette coopération si ces violations sont prouvées, stipule le texte adopté.

Les députés demandent également à la Commission de présenter « des propositions visant à conditionner le financement des pays tiers à la coopération en matière de gestion des flux migratoires et à la lutte contre les trafiquants d'êtres humains et les passeurs de migrants ». Il s’agit, sur ce dernier point, d’un amendement du groupe CRE adopté à une courte majorité, par 285 voix contre 280 et 8 abstentions.

Mercredi, lors du débat avec la commissaire Ylva Johansson, le groupe PPE et son représentant, Lukas Mandl (autrichien), ont largement insisté sur la nécessité de contrer la désinformation des passeurs vis-à-vis des candidats à la traversée.

« Le début de cette chaîne, c’est la désinformation sur ce qui les attend dans l’UE, les passeurs passent ces informations », c’est l’une « des pires formes du crime organisé », a-t-il commenté alors que la plupart de ceux qui arrivent n’auront pas l’asile.

« On ne va pas baisser les bras, jusqu’à ce que le Conseil et la Commission prennent ce défi à bras le corps », a commenté l’Allemande Birgit Sippel (S&D), de son côté.

Le PE veillera « à ce qu il y ait une mission européenne de sauvetage coordonnée inspirée de ‘Mare nostrum’ (l’opération menée entre 2013 et 2014 par la marine italienne également dans les eaux libyennes) ». Mais « sauver des vies humaines, cela n'est pas dans les conclusions du Conseil européen ! Les États membres regardent ailleurs » et « empêchent même les ONG de sauver des vies », a ajouté la députée, appelant les États membres à prendre leurs « responsabilités ».

L’élue de Renew Europe Fabienne Keller (française) et Cornelia Ernst de La Gauche (allemande) ont aussi soutenu cette opération européenne de sauvetage, l’élue allemande demandant à la commissaire d’agir « contre la Grèce, dont les actions provoquent » ces drames, ou « contre l’Italie ».

L’Ocean Viking immobilisé en Italie

Les autorités italiennes ont immobilisé le 11 juillet le navire Ocean Viking de l’ONG humanitaire SOS Méditerranée, qui venait de faire débarquer 57 migrants secourus en mer. Il se trouve dans le port de Civitavecchia, au nord de Rome, les autorités italiennes ayant identifié un « nombre très limité de déficiences techniques et administratives ».

Cette mesure administrative des garde-côtes italiens a « une durée indéterminée », selon un communiqué de SOS Méditerranée.

L'ONG travaille activement avec toutes les parties prenantes concernées pour trouver des solutions afin de retourner en mer le plus rapidement possible, alors que l’année 2023 s’est déjà révélée particulièrement meurtrière en Méditerranée, ajoute le communiqué. 

Lien vers la résolution adoptée : https://aeur.eu/f/81x (Solenn Paulic)

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