Alors que l’UE ratifiera officiellement la Convention d’Istanbul la semaine prochaine, la Commission européenne a organisé une réception pour « marquer [cette] occasion importante », lundi 19 juin. L’occasion également pour la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, et la ministre suédoise de l’Égalité de genre, Paulina Brandberg, de saluer l’aboutissement d’un effort collectif de longue haleine.
Car, si l’ambiance était à la fête, un mot était sur toutes les bouches : « enfin ». En effet, la ratification aura demandé six ans de négociations avec les gouvernements nationaux et un arrêt de la Cour de justice, demandé par le Parlement européen (EUROPE 12806/20).
« En 2017, je m'attendais à un processus fluide », a reconnu Mme Jourová, déplorant « certaines interprétations fantasmagoriques» de la législation. Une référence aux États membres qui se sont opposés à la convention, comme la Bulgarie, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne, l’accusant de promouvoir « l’idéologie de genre » (EUROPE 13192/29). Pour la commissaire, le texte est ainsi devenu « un symbole de la guerre culturelle », en dépit de sa vocation à « assurer de réels progrès ».
En parallèle à la Convention d’Istanbul, une directive devrait compléter l’arsenal de l’UE pour lutter contre les violences faites aux femmes. Or, Mme Dalli a déjà fustigé la position du Conseil de l’UE sur le texte, notamment pour avoir retiré les dispositions relatives au viol (EUROPE 13198/1). (Hélène Seynaeve)