Lors de la 17e édition de la Semaine européenne de l'énergie durable (EUSEW), Ivana Rogulj, experte principale en énergie à l'Institut pour la politique européenne en matière d'énergie et de climat (‘Institute for European Energy and Climate Policy’, IEECP), est revenue, au cours d’une conférence qui s’est tenue mardi 20 juin à Bruxelles, sur la volonté de certaines villes européennes d'aller encore plus loin pour atteindre la neutralité climatique avant 2030. « Ainsi, les villes finlandaises visent même la neutralité climatique d'ici 2025 », a déclaré Mme Rogulj.
Cette ambition accrue a conduit à des besoins de compétences nouveaux et plus importants au sein des administrations locales européennes, selon l’experte. Cette dernière s’est ainsi appuyée sur une étude réalisée par 'Energy Cities' - une association européenne de villes en transition énergétique - qui estime que « 214 000 nouveaux postes devront être créés dans ces administrations d'ici 2030 » pour soutenir la transition verte.
En outre, Mme Rogulj a souligné l'importance de développer à la fois les compétences des citoyens et les capacités internes des administrations municipales. Elle a rappelé la nécessité de créer de nouveaux rôles au sein des administrations, tels que des « coordinateurs capables de rassembler différents départements » pour mettre en œuvre les plans climatiques et des spécialistes des marchés publics et des réglementations afin de faciliter les partenariats public-privé.
Des exemples encourageants ont par ailleurs été mentionnés, comme la première école de l’énergie solaire, qui a ouvert ses portes à Marseille à la rentrée 2022. Cet établissement propose, ainsi que l’a rappelé Ivana Rogulj, « une formation spécialisée aux jeunes dès l'âge de 15 ans », pour installer des panneaux solaires. En préparant les étudiants à devenir des électriciens qualifiés dans le domaine solaire, « cette initiative forme les nouvelles générations à relever les défis énergétiques du futur », a-t-elle noté.
Les administrations liées au patrimoine immobilier des villes ont également été abordées, avec la nécessité de rendre attractifs les postes qui y sont rattachés afin d’attirer les talents nécessaires à la transition énergétique. Mme Rogulj a également cité l’exemple de programmes de formation professionnelle spécifiques, tels que la reconversion des mineurs de charbon, pour rendre ces emplois attrayants et communiquer sur les opportunités de carrière et leur impact positif sur l'environnement.
L’experte a également présenté les guichets uniques comme étant essentiels pour le développement des compétences et la planification prospective. Ces guichets permettent aux entreprises de comprendre les compétences nécessaires pour s'engager dans la transition énergétique.« Par exemple, en Belgique, des formateurs spécialisés collaborent avec des ONG locales pour résoudre les pénuries de compétences spécifiques en offrant des formations ciblées aux travailleurs », a souligné Ivana Rogulj en conclusion.
L'EUSEW Policy Conference se déroule du 20 au 22 juin à Bruxelles. Cette année, elle a pour thème 'Accélérer la transition vers une énergie propre : vers des factures moins élevées et plus de compétences'. (Nithya Paquiry)