La pièce manquante de la politique commerciale de l'UE est le développement, d'après le centre de réflexion ('think tank') Europe Jacques Delors. Dans un document d'orientation publié le 2 juin, il rappelle que de nombreux pays en développement ont pointé du doigt, ces dernières années, les législations européennes environnementales qui affectent le commerce (EUROPE 13197/21).
Pour Europe Jacques Delors, l'UE doit à tout prix prendre ces remarques en compte. Cela passe par des discussions bilatérales et plurilatérales avec ces partenaires qui seront les plus négativement affectés par des instruments comme le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières ou le règlement contre la déforestation importée.
Sur le plan multilatéral, Europe Jacques Delors avait déjà suggéré la création d'un « forum de comparabilité » à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour échanger sur les mesures environnementales et commerciales.
Au-delà de cela, l'UE doit faire du 'sur-mesure' dans ses relations bilatérales, selon le centre de réflexion. Et elle pourrait, pour ce faire, distinguer deux groupes de pays tiers : les marchés émergents majeurs et les pays les moins développés. Avec ces derniers, l'UE devrait développer des partenariats de commerce et d'environnement, par exemple.
Pour aller plus loin, elle pourrait également revoir certaines exigences sanitaires et phytosanitaires à la baisse pour les importations venant des pays les moins développés, suggèrent les auteurs du document. Ceci n'engendrerait pas une grosse différence en termes de produits présents sur le marché européen, mais bénéficierait largement aux pays les plus vulnérables, explique Europe Jacques Delors.
Le déploiement des ressources financières pour des projets liés au climat, l'accès aux technologies vertes pour les pays les moins développés ou encore la transparence et la prédictibilité des futures législations européennes sont aussi abordés par le centre de réflexion.
Voir le document : https://aeur.eu/f/7ed (Léa Marchal)