La quatrième réunion du Conseil UE/États-Unis pour le commerce et les technologies (TTC) s'est tenue dans la ville suédoise de Luleå, mardi 30 et mercredi 31 mai. Les deux partenaires ont affiché leur unité sur de nombreux sujets traités à l'intérieur du TTC, allant de la coopération sur la 6G à la lutte contre les pratiques commerciales non concurrentielles de certains pays tiers.
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, qui coprésidait la réunion, a souligné « la convergence remarquable » entre l'UE et Washington « sur les défis majeurs ». Questionné sur les approches respectives des deux partenaires sur la Chine, M. Blinken a indiqué : « Aucun d'entre nous ne cherche la confrontation, une guerre froide ou une coupure des échanges. Nous bénéficions tous du commerce avec la Chine, mais nous sommes concentrés sur la réduction des risques ».
Les deux parties avaient initialement une approche différente dans la déclaration conjointe où Washington réclamait un langage fort et ciblé sur les pratiques commerciales déloyales de la Chine (EUROPE 13190/21, 13189/9).
S'agissant des autres sujets qui ont longtemps divisé l'UE et les États-Unis, les participants au TTC se veulent aussi rassurants : la Représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, a rappelé le travail régulier qu'elle effectue avec le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, pour trouver un accord sur l'acier et l'aluminium avant la date butoir d'octobre 2023. À cette fin, ces deux interlocuteurs doivent à nouveau se retrouver en personne la semaine prochaine.
Concernant l'accord entre les deux partenaires transatlantiques sur les minéraux critiques, le travail est également en cours, d'après M. Dombrovskis. Ce partenariat permettra de résoudre la question épineuse de l'accès à certaines subventions de l'Inflation Reduction Act américain (IRA). La prochaine étape pour y arriver consistera à obtenir un mandat de négociation du Conseil. « Nous souhaitons avancer rapidement », a rappelé le commissaire.
Du reste, les participants au TTC ont mis en avant les différents résultats atteints à l'occasion de cette quatrième réunion du TTC, « une des plus riches et productives », selon la secrétaire américaine au Commerce, Gina Raimondo.
Commerce
Le TTC permet déjà de renforcer le commerce et les investissements transatlantiques, d'après Valdis Dombrovskis. Les travaux ont mené, par exemple, à la publication de recommandations transatlantiques sur le commerce et le travail forcé.
Des avancées ont également été faites autour de l'initiative transatlantique sur le commerce durable, avec la publication d'un programme de travail en annexe de la déclaration conjointe UE/États-Unis (EUROPE 13189/9).
La rencontre des 30 et 31 mai a aussi été l'occasion de sceller un accord pour la reconnaissance mutuelle de bonnes pratiques de fabrication (normes GMP) pour les produits vétérinaires. Cela permettra aux fabricants européens et américains d'exporter vers l'un ou l'autre bloc sans inspection supplémentaire.
Faciliter les évaluations de conformité dans de nombreux secteurs entre l'UE et les États-Unis est une des priorités affichées du TTC que le commissaire Valdis Dombrovskis évoque régulièrement. « Nous sommes engagés pour aller plus loin pour faciliter le commerce, également par l'utilisation d'outils numériques pour aider les PME en particulier », a-t-il rappelé.
Technologies
Autre preuve que le TTC fournit des résultats concrets, selon les participants : l'UE et les États-Unis se sont accordés sur des standards communs s'appliquant aux systèmes de recharge pour véhicules lourds électriques. Cela devrait permettre de réduire les coûts de fabrication et de déploiement, d'après la Commission européenne.
Dans le domaine de la 6G, les deux partenaires ont publié leur vision commune ('6G outlook') dans laquelle ils détaillent les grands principes directeurs pour le développement de la 6G et les prochains travaux communs dans ce secteur.
La commissaire européenne à l'Europe adaptée à l'ère numérique, Margrethe Vestager, a insisté sur une autre réussite du TTC : les travaux autour d'un futur code de conduite sur l'intelligence artificielle (IA). « Nous allons avancer sur un brouillon de code de conduite sur l'IA [...] pour avoir très bientôt une proposition finale de code de conduite auquel l'industrie pourra se soumettre de manière volontaire », a-t-elle indiqué. Et de préciser que celui-ci serait utile dans la mesure où les législations dans le domaine ne seraient effectives que dans quelques années.
Désinformation
En plus de leur déclaration commune à l'issue du TTC, l'UE et Washington ont publié une autre déclaration concernant la manipulation de l'information par des puissances étrangères. Ils y détaillent des actions pour combattre l'interférence de pays tiers. La Russie est mentionnée comme pays utilisant de telles pratiques.
Voir le document : https://aeur.eu/f/756
La prochaine réunion du TTC devrait se tenir aux États-Unis dans la deuxième partie de l'année.
Voir la déclaration conjointe de la quatrième réunion du TTC : https://aeur.eu/f/758 (Léa Marchal)