Lors d'un débat avec le commissaire à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Insertion, Nicolas Schmit, les eurodéputés ont examiné, jeudi 20 avril, le rapport récemment publié par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).
L'urgence. Les membres du Parlement européen se sont, dans leur grande majorité, accordés sur l’urgence climatique à laquelle l’UE était confrontée. Ainsi, Tiemo Wölkken (S&D, allemand) a déclaré : « Les conséquences du changement climatique ne sont pas problématiques pour la génération à venir, mais pour la génération actuelle ». Des propos qui ont trouvé une résonance dans ceux de l’eurodéputé slovaque Martin Hojsik (Renew Europe) : « Aujourd'hui, nous voyons que la moitié de notre continent est confronté à des sécheresses ».
Des solutions divergentes. Et si une certaine cohésion se dessine face à ce signal d’alarme provoqué par le GIEC, des voix diverses et divergentes se sont élevées pour souligner les lacunes des politiques européennes.
À l’extrême droite, pour Jordan Bardella (ID, français) « l'écologie punitive, qui reste le credo choisi par l'Union européenne », n’est pas « le meilleur allié du climat ». L’eurodéputé a plaidé la cause de « l’innovation technologique » et s’est fait le défenseur du nucléaire.
Martin Hojsik, qui appelle à « des instruments financiers corrects », soutient l’usage de « panneaux solaires et photovoltaïques » et de l'éolien pour plus d’indépendance énergétique.
Quant à l’eurodéputé espagnol César Luena (S&D), il s’est demandé si la volonté de « rester compétitif » était la « meilleure façon d'assumer ses responsabilités ». « Si vous voulez véritablement gérer correctement la situation, vous devez essayer d'en minimiser les effets », a-t-il souligné.
Un dernier point, sur lequel l’eurodéputé des Verts/ALE Bas Eickhout (néerlandais) l’a rejoint : « Le GIEC est très clair en disant que nous avons besoin d'action d'atténuation et d'adaptation rapide. » Une orientation qui provoque, selon lui, une certaine frilosité.
Contre « l'approche équilibrée ». « Lorsque nous gagnons en aspect concret, tout le monde réagit en disant ‘non, il nous faut une 'approche équilibrée’ , c'est un peu là le slogan, la Bible, de la Commission », a-t-il martelé.
Pour plusieurs membres du PE, les dissensions émergent dès qu’il s’agit d’apporter une réponse concrète. Terry Reintke (Verts/ALE, allemand) dénonce : « Lorsque nous parlons de ce sujet de façon plus abstraite, l'unité existe. Mais l'on commence à se diviser lorsqu'on parle d'actions concrètes ». Un blocage qui pourrait découler d'un certain manque de volonté politique.
« Nous savons ce que nous avons à faire, nous en avons les moyens, mais ce qui manque, c'est de la volonté politique , a dit Silvia Modig (La Gauche, finlandaise). « Nous avons le 'Fit for 55', or c'est 75% d'ambition qu'il faudrait pour nos objectifs climatiques, pas seulement 55 », a ironisé Stanislav Polcak (PPE, tchèque).
Ainsi, si l'action concrète ne saurait attendre, elle ne peut se faire, selon les eurodéputés, sans une plus grande ambition politique. (Nithya Paquiry)