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Bulletin Quotidien Europe N° 13166
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Bce

Les députés européens divisés sur la valeur ajoutée d'un euro numérique

Le projet d’euro numérique a fait l’objet d’un débat soutenu entre les députés européens réunis mercredi 19 avril en session plénière, la commissaire européenne aux Services financiers, Mairead McGuinness, et la ministre suédoise aux Affaires européennes, Jessika Roswall, représentant la Présidence du Conseil de l’Union européenne.

Les parties prenantes au débat se sont accordées sur la nature hautement politique d’un tel projet.

Cependant, la question de la valeur ajoutée d’un euro numérique a divisé les députés.

Pour Markus Ferber (PPE, allemand), tant que ce point n’aura pas reçu de réponse, il restera beaucoup de scepticisme.

En réponse à ces propos, Jonas Fernandez (S&D, espagnol) a avancé qu’un euro numérique était nécessaire pour garantir la souveraineté monétaire européenne. Il craint cependant que la proposition envisagée ne soit pas très ambitieuse et distingue peu l'euro numérique d'autres moyens de paiement.

Ernest Urtasun (Verts/ ALE, espagnol) a répondu que la valeur ajoutée d’un euro numérique dépendra de sa conception. Il s'est inquiété des pressions de certains groupes constitués pour que l'euro numérique ne remette pas en cause les modèles d’activité des banques commerciales traditionnelles. De même, Chris MacManus (La Gauche, irlandais) a appelé la Commission et la Banque centrale européenne (BCE) à protéger l’idée de l’argent en tant que bien public.

À l’opposé, Johan Van Overtveldt (CRE, belge) a déclaré qu’un euro numérique ne constituait pas une réponse à un besoin spécifique. Pour le député, la confiance dans le système monétaire passera par la discipline budgétaire et monétaire, la baisse de l’endettement et l’endiguement de l’inflation.

Les députés ont ensuite abordé d'autres défis liés à un euro numérique, dont l’équilibre à trouver entre le respect de la vie privée et la nécessité de combattre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent.

Mme Roswall a également évoqué d'autres défis liés au projet, dont la nécessité d’interopérabilité d’un euro numérique avec d'autres dispositifs similaires.

La commissaire McGuinness a voulu rassurer, tout en présentant différents aspects de la proposition de la Commission européenne, attendue pour le 25 mai. Elle a déclaré que le projet d'euro numérique devait être soutenu par un processus démocratique solide, essentiel également pour rallier la confiance des citoyens.

Répondant aux inquiétudes exprimées notamment par La Gauche et Gunnar Beck (ID, allemand), Mme McGuinness a souligné que la proposition de la Commission européenne ne serait « pas un projet de contrôle, mais un projet de choix ». Cette proposition ne visera pas à remplacer la monnaie fiduciaire, mais à offrir une option de paiement supplémentaire. La Commission accompagnera d’ailleurs sa proposition d’une proposition sur le champ d’application et les effets du cours légal (legal tender) des billets et des pièces en euros.

Mme McGuinness estime qu'un euro numérique soutiendrait l’autonomie stratégique européenne et contribuerait à assurer l’accès à la monnaie banque centrale dans un monde qui se numérise rapidement et dans un environnement marqué par la concurrence de propositions de nature privée de cryptomonnaies.

En outre, la commissaire a insisté sur les opportunités d’inclusivité du projet pour les groupes vulnérables, notamment les personnes ne possédant pas de compte bancaire ou ressentant des difficultés à manipuler des outils numériques. Par ailleurs, la Commission examinera une série de services de base qui seront fournis aux consommateurs « gratuitement ou à des prix raisonnables », a-t-elle ajouté.

Mairead McGuinness s’est également voulue rassurante quant risque potentiel pour la stabilité financière en assurant que le projet d’euro numérique serait proposé comme une possibilité de paiement et non un moyen de stockage massif d’actifs.

La commissaire souhaite que les fournisseurs de services de paiements, responsables de la distribution de l’euro numérique, reçoivent une juste compensation. Selon elle, l'euro numérique soutiendra l’innovation dans ce secteur des systèmes de paiements.

Enfin, Mme McGuinness a précisé que la décision de concrétiser ou non le projet d’euro numérique relevait de la compétence de la Banque centrale européenne et que la Commission ne préempterait pas cette prérogative. (Émilie Vanderhulst)

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