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Bulletin Quotidien Europe N° 13147
CONSEIL EUROPÉEN / Eurozone

Les Vingt-sept évoqueront la réforme du cadre européen de gouvernance économique et les récentes turbulences financières

En format inclusif, les dirigeants de la zone euro tiendront, vendredi 24 mars, leur premier sommet depuis l'adhésion de la Croatie à l'Eurozone début 2023, avec la participation de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, et du président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe. Ils évoqueront les récentes turbulences observées sur les marchés financiers en raison de la faillite de banques américaines et des déboires de Crédit suisse ainsi que la réforme du cadre européen de gouvernance économique, alors que la Commission européenne doit dévoiler sa proposition législative, début avril, sur la base des orientations qu'a fixées le Conseil 'Écofin' (EUROPE 13141/22).

« Vendredi, nous évoquerons la situation économique et financière actuelle et nous aurons un échange de vues sur la coordination des politiques économiques et budgétaires », a indiqué le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d'invitation aux Vingt-sept adressée mardi 21 mars.

De l'avis de plusieurs sources diplomatiques, les leaders seront très intéressés d'écouter la présentation de Mme Lagarde sur les décisions de la BCE visant à normaliser la politique monétaire en réponse à l'inflation excessive et sur la situation du secteur bancaire européen. Ils estiment par ailleurs que les réactions des régulateurs bancaires de l'UE, visant à assurer de la solidité du secteur bancaire, ont été adéquates.

« Certains dirigeants demandent qu'il y ait aussi une vraie discussion sur la gouvernance économique », parce qu'ils estiment que le Conseil européen est le niveau politique approprié pour cette discussion, a constaté, mercredi 22 mars, une source européenne, pour qui les débats des Vingt-sept sur les questions économiques et financières « peuvent être longs, non pas parce qu'il y a une crise, mais parce qu'ils sont généralement fouillés ».

D'après un diplomate national de haut rang, la discussion n'aboutira certes ni à des actions concrètes ni à « des percées visibles », mais il demeure « essentiel » que les dirigeants européens échangent leur point de vue sur ces questions.

Dans sa lettre relatant les travaux de l'Eurogroupe adressée aux dirigeants de la zone euro, M. Donohoe note que, malgré une bonne résistance aux chocs et à l'incertitude liée notamment à l'agression armée russe de l'Ukraine, l'économie de l'Eurozone continue de faire face à plusieurs défis, tels que la flambée des prix.

Les récentes turbulences observées sur les marchés financiers requièrent notre « vigilance », souligne-t-il également, tout en insistant sur la robustesse du secteur bancaire européen, que de « difficiles » réformes ont renforcé depuis la crise financière de 2008 (EUROPE 13146/13). D'ailleurs, les faillites de banques américaines et les difficultés de Crédit suisse nous rappellent l'importance de « parachever l'union bancaire » en zone euro, en commençant par une amélioration des dispositifs européens de gestion de crise bancaire et de garantie des dépôts, ajoute-t-il (EUROPE 12974/10).

La Commission doit d'ailleurs présenter dans les prochaines semaines une initiative législative spécifique.

Sur le plan budgétaire, le président de l'Eurogroupe rappelle l'importance de revoir à la baisse le soutien temporaire aux entreprises et aux ménages les plus affectés par la flambée des prix de l'énergie afin d'éviter d'alimenter les pressions inflationnistes. « Nous adaptons nos politiques pour qu'elles soient temporaires, bien ciblées et efficaces en termes de coûts, et qu'elles soient progressivement abandonnées, à moins qu'un autre choc de prix ne se produise », souligne-t-il.

Quant aux orientations budgétaires pour 2024, l'Eurogroupe considère que l'heure n'est plus à un soutien massif à l'ensemble de l'économie (EUROPE 13140/3), mais à la prudence budgétaire permettant de garantir la soutenabilité de la dette publique à moyen terme. « Les politiques budgétaires devront à l'avenir favoriser les transitions climatique et numérique et améliorer la résilience des économies à travers les investissements et les réformes », précise M. Donohoe.

Vendredi, le Conseil européen adoptera plusieurs textes relatifs au processus budgétaire 'Semestre européen', parmi lesquels la recommandation de politique budgétaire pour la zone euro en 2023, qui préconise une orientation budgétaire globalement neutre (EUROPE 13096/8).

Voir la lettre du président de l'Eurogroupe au Conseil européen : https://aeur.eu/f/5y5

Voir le projet de conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/5yd (Mathieu Bion avec la rédaction)

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