Les partenaires sociaux européens, la Commission et les États membres ont une « vue commune » sur la compétitivité, la croissance et la nécessité d’avoir des emplois de qualité dans l’UE, a résumé le 22 mars la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue d’un nouveau Sommet social tripartite.
Essentiellement consacré aux propositions de la Commission en faveur des entreprises européennes de technologies propres pour leur permettre de rester dans la course mondiale (EUROPE 13143/1) et aux compétences vertes requises pour accompagner cette transition, le Sommet social tripartite a permis de dégager « le sentiment commun » que l'Europe « doit accélérer le mouvement » et devenir « le berceau des technologies propres » en simplifiant les règles et en finançant les entreprises.
Dans cette transition, il est aussi important de rappeler le rôle des partenaires sociaux et du dialogue social, les partenaires sociaux étant les plus à même de faire coïncider les aspirations des travailleurs et les besoins des entreprises. L’Année européenne des compétences arrive ainsi à point nommé, se sont accordés les différents acteurs.
Le patron de BusinessEurope, Fredrik Persson, a toutefois émis quelques inquiétudes et des réserves sur la salve de textes législatifs mis sur table pour concurrencer l’Inflation Reduction Act (IRA) américain, notamment le texte sur l’assouplissement des subventions pour les entreprises, mettant en garde contre une course aux subventions.
S’inquiétant de la baisse des investissements directs étrangers dans l’UE et de leur augmentation aux États-Unis, il a appelé les États membres à travailler surtout sur une « meilleure règlementation et sur les coûts de l’énergie » avec des sources d’approvisionnement abordables.
Les subventions aux entreprises, quant à elles, devront rester « savamment calibrées » et constituer du court terme ; il convient aussi de surveiller « les effets sur le marché intérieur ».
De son côté, Esther Lynch, la Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), attend des États membres, dans cette discussion prévue sur la compétitivité des entreprises, qu’ils envoient le signal qu’il s’agira « de bons emplois avec de bonnes conditions d’emploi et de hauts salaires ».
Ce signal est nécessaire « pour regarder l’avenir avec confiance ». Il faut aussi créer l’écosystème adéquat pour développer cette compétitivité, et cela passe aussi « par des infrastructures, des services de gardes d’enfants, les transports », a-t-elle ajouté. (Solenn Paulic)