La commission de l’agriculture du Parlement européen s’est montrée divisée, mercredi 22 mars, à propos du champ d’application de la proposition de règlement sur la restauration de la nature.
Plus de 1 200 amendements ont été déposés par les membres de cette commission au sujet du projet d’avis d’Anne Sander (PPE, française) sur le dossier de la restauration de la nature (EUROPE 13145/12).
La commission de l’agriculture prévoit de voter son avis le 23 mai tandis que la commission compétente au fond (environnement) devrait voter en juin (EUROPE 13098/3), en vue d’un vote en plénière en juillet. Les groupes PPE, Renew Europe, CRE et ID sont en train de négocier des compromis, contestés par les autres groupes (S&D, Verts/ALE).
Réduire le champ d’application. Le rapporteur, Mme Sander, a rappelé que certains députés des groupes PPE et Renew Europe ont déposé des amendements pour « rejeter la proposition de la Commission européenne ».
Elle a insisté sur les difficultés à construire des compromis tant les positions sont parfois éloignées. « Il faut trouver un équilibre entre la restauration de la nature et les enjeux agricoles et forestiers », a-t-elle résumé. De nombreux amendements ont été déposés pour réduire la portée du texte et le zonage. « Nous sommes convenus de réduire le champ d’application et de nous focaliser sur les zones Natura 2000 » (plutôt que sur l’ensemble du territoire), a expliqué Mme Sander. En outre, « une majorité de collègues » demandent de tenir davantage compte de la sécurité alimentaire.
Par ailleurs, les députés sont inquiets sur la manière de financer cette transition demandée aux agriculteurs, sachant que les crédits de la politique agricole commune (PAC) ne sont pas suffisants.
Maria Noichl (S&D, allemande) a déploré les compromis négociés visant à se concentrer uniquement sur les zones Natura 2000, et Anna Deparnay-Grunenberg (Verts/ALE, allemande) a critiqué la volonté de certains membres de « continuer comme si de rien n'était » alors que la nature est en danger. (Lionel Changeur)