Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) évoqueront l'orientation budgétaire au niveau de la zone euro, mercredi 11 janvier, dans le cadre des préparatifs au Conseil 'Écofin' de mardi 17 janvier.
Dans sa proposition de recommandation sur la politique économique et budgétaire en zone euro, la Commission européenne avait proposé en novembre dernier que l'orientation budgétaire soit « globalement neutre » au niveau des Vingt en 2023 (EUROPE 13068/23), après une orientation expansionniste en 2022 en raison des mesures d'urgence pour affronter la crise énergétique et celles encore en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19.
Néanmoins, si les vingt pays de la zone euro maintiennent plus longtemps que prévu leurs mesures d'urgence pour soulager les ménages et les entreprises les plus affectées par la flambée des prix énergétiques, l'orientation au niveau de l'Eurozone pourrait redevenir expansionniste cette année.
Le projet de recommandation, que les États membres devraient endosser politiquement la semaine prochaine, est sur cette ligne : il rejette tout stimulus budgétaire transversal malgré les sérieuses difficultés économiques et sociales auxquelles certains pays sont confrontés.
En décembre, l'Eurogroupe avait appelé les pays de la zone euro à cibler leur aide d'urgence et à supprimer progressivement les mesures au fur et à mesure que l'inflation diminuera afin que celles-ci ne pèsent pas trop lourdement sur les finances publiques ni n'alimentent l'inflation en ne modifiant pas les comportements (EUROPE 13077/14).
Lundi, à Rome, devant l'institut Luigi Sturzo, le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, a estimé que l'aide publique liée aux prix de l'énergie représente 1,2% du PIB de l'Eurozone, avec un coût potentiel de 2% du PIB, si elle est étendue à l'ensemble de l'année 2023.
« L'objectif est de faire en sorte que les mesures soient plus efficaces, mieux coordonnées, tout en étant budgétairement abordables », a-t-il considéré.
Salaires. Le projet de recommandation agréé par les experts nationaux note que les salaires augmenteront en moyenne en 2023 quoiqu'à un niveau inférieur à l'inflation. Les États membres sont invités à « protéger le pouvoir d'achat » des travailleurs en ce concentrant surtout sur les bas revenus, tout en évitant que cette évolution ne contribue à alimenter la hausse des prix.
Enfin, sur la question des investissements publics, les États membres soutiennent l'importance d'utiliser le Plan de relance européen Next Generation EU et les fonds européens de la politique de cohésion pour continuer d'investir dans les transitions climatique et numérique. Toutefois, contrairement à la Commission européenne, ils souhaitent que l'accélération des investissements de transition concerne le secteur énergétique dans son ensemble, et pas uniquement les énergies propres ('clean energy'), cette notion n'étant, selon eux, pas définie.
« Le texte agréé a pour but de garantir que l'accent soit mis sur le large éventail d'énergies et de technologies qui respectent l'environnement et soient socialement acceptables », justifie le Conseil.
Voir le projet de recommandation agréé par les experts des États membres : https://aeur.eu/f/4u1 (Mathieu Bion)