Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a plaidé, mardi 21 mars, pour un renforcement des partenariats de l’UE avec des pays tiers en termes de sécurité et de défense.
« Les États membres doivent prendre leurs responsabilités, nous devons prendre au sérieux la nécessité de rendre la défense européenne plus forte et plus efficace. Nous voulons devenir un partenaire plus fort et plus précieux », a-t-il souligné à l’occasion du EEAS Schuman Security and Defence Partnership Forum.
« Soyons humbles, flexibles et pragmatiques, prenons en considération les priorités de tous nos partenaires et adoptons des approches sur mesure qui reflètent les réalités du pays ou de la région dont nous nous occupons », a expliqué M. Borrell.
Selon le Haut Représentant, un certain nombre de partenaires, ayant vu les actions européennes envers l’Ukraine, attendent que l’UE soit aussi rapide et efficace pour répondre à leurs attentes. « C'est une demande à laquelle il faut répondre. Il s'agit d'une nouvelle entreprise pour nous », a-t-il expliqué.
M. Borrell a précisé que l’UE était prête à aider ses partenaires à renforcer leur résilience. « Nous devons et voulons renforcer nos dialogues sur la cybernétique avec des partenaires clés tels que les États-Unis d'abord, mais aussi le Japon et la Corée du Sud, afin de comparer les renseignements et de coordonner les sanctions contre les auteurs de cyberattaques », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’UE sera bientôt en mesure d'envoyer des équipes hybrides de réaction rapide pour répondre aux demandes de ses partenaires « afin d'identifier les vulnérabilités, d'enquêter et d'apporter un soutien concret ».
De plus, M. Borrell a annoncé avoir entendu les appels en faveur de la livraison d'équipements létaux dans le cadre de la 'Facilité européenne pour la paix' (EPF). « Nous nous efforçons de commencer à livrer ce type d'équipement à nos partenaires africains dans les mois à venir », a-t-il annoncé, citant des aides pour des munitions pour les hélicoptères pour le Niger et à des fins de formation à la Somalie.
M. Borrell a en outre estimé que l’UE devrait offrir un soutien ciblé à des partenaires individuels qui œuvre aux opérations de paix, notamment sous l'égide des Nations unies. L’UE le fait déjà avec le Rwanda pour son opération au Mozambique.
Le Haut Représentant a également invité les partenaires à participer davantage aux missions et aux opérations PSDC de l’UE. Sur les 5 000 civils et militaires déployés dans les 21 missions de PSDC de l'UE, un peu moins de 300 sont de pays tiers.
De même, il a souligné une « appétence croissante » pour les exercices conjoints. L’UE en a déjà réalisé avec la Corée du Sud, Oman, l’Inde et le Japon, et organisera, fin mars, un exercice maritime avec les États-Unis.
M. Borrell a invité « toutes les personnes intéressées » à participer à la présence navale coordonnée de l’UE, notamment dans le golfe de Guinée. (Camille-Cerise Gessant)