Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, lundi 20 mars à l’issue du Conseil des Affaires étrangères, avoir demandé à deux ministres – le portugais et la belge – « de se rendre immédiatement en Tunisie afin d'évaluer la situation et de revenir avec un rapport qui guidera nos futures démarches ».
« Tout doit être fait rapidement, car la situation en Tunisie est très, très dangereuse. Si la Tunisie s'effondre économiquement ou socialement, nous nous retrouverons dans une situation où de nouveaux flux de migrants arriveront en Europe. Nous devons éviter cette situation », a prévenu M. Borrell, ajoutant qu’il fallait soutenir le peuple tunisien.
« Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce qui se passe là-bas », a expliqué le Haut Représentant.
Selon M. Borrell, la stabilité du pays a deux dimensions : politique et économique. Il a précisé que l'État de droit, le respect des droits de l'homme et les réformes structurelles « essentielles et importantes » étaient indispensables, tout comme la finalisation du programme déjà convenu avec le Fonds monétaire international (FMI), qui doit maintenant être signé par le président tunisien, Kaïs Saïed. « On ne peut pas aider un pays qui n’est pas capable de signer un accord avec le Fonds monétaire international de façon préalable », a rappelé M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)