login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13143
Sommaire Publication complète Par article 22 / 38
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / ÉgalitÉ de genre

Une majorité d’eurodéputés inquiets du recul du droit de l'avortement, en particulier en Pologne

Les eurodéputés ont discuté avec des militantes œuvrant à la défense des droits humains liés à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation, mercredi 15 mars. Programmé au lendemain du jugement de Justyna Wydrzyńska en Pologne, condamnée pour avoir assisté une femme victime de violences conjugales à avorter (EUROPE 13097/15), le débat s’est largement concentré sur l’accès à l’avortement au sein de l’UE.

Droit à l’avortement

En effet, l’ensemble des groupes politiques, à l’exception du CRE et d’ID, ont exprimé leurs inquiétudes quant au recul du droit à l’avortement dans certains pays de l’Union, en particulier en Pologne. Maria Noichl (S&D, allemande) a ainsi salué l’engagement des activistes polonaises qui comblent un « vide » laissé par leur gouvernement. Ces militantes « seront la seule garantie tant que l'Union européenne refusera d'aborder la question de l'accès à l’avortement », a ajouté Sylwia Spurek (Verts/ALE, polonaise).

Des députées ont ainsi dénoncé l’absence de réaction de l’UE. « Je ne peux pas croire que ni le Conseil de l'UE ni la Commission européenne n'aient condamné ce qui s'est passé hier ici [...] : pour la première fois depuis des décennies, en Europe, une militante a été condamnée pour avoir aidé une femme à exercer son droit à l'avortement », s’est indignée María Soraya Rodríguez Ramos (Renew Europe, espagnole). Malin Björk (La Gauche, suédoise), quant à elle, a appelé la Commission à lancer une « stratégie de défense des militants de la santé et des droits sexuels et reproductifs, des droits des femmes ainsi que des droits des personnes LGBTI en Europe ».

À contre-courant des autres représentants, Margarita de la Pisa Carrión (CRE, espagnole) et Christine Anderson (ID, allemande) ont défendu le « droit à la vie ».

La commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, et Jessika Roswall, ministre suédoise des Affaires européennes, ont rappelé les compétences limitées de l’UE sur ce sujet. Néanmoins, si les pouvoirs législatifs en matière de santé ainsi que des droits sexuels et reproductifs appartiennent aux États membres, ceux-ci « doivent respecter les droits fondamentaux qui les lient en vertu de leurs constitutions nationales et des engagements pris en vertu du droit international [...], y compris l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE sur le respect de la vie privée », a toutefois souligné Mme Dalli.

Violences faites aux femmes

Concernant les violences à l’égard des militantes pour les droits des femmes, Frances Fitzgerald (PPE, irlandaise), corapporteur, a proposé que cela soit considéré comme une circonstance aggravante au sein de la directive visant à lutter contre les violences faites aux femmes et les violences domestiques. « Je demande au Conseil d'approuver cette proposition et d'envoyer un message clair selon lequel la violence contre les défenseurs des droits de l'homme est inacceptable », a-t-elle martelé.

Enfin, au vu des « attaques alarmantes » à l’égard des femmes et de leurs droits, Mme Dalli a salué la décision du Conseil, la semaine précédente, d’imposer des sanctions à des auteurs de graves violences sexuelles et sexistes (EUROPE 13136/9). (Hélène Seynaeve)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
COUR DE JUSTICE DE L'UE
Invasion Russe de l'Ukraine
BRÈVES