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Bulletin Quotidien Europe N° 13143
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'institut monétaire maintient le cap et relève ses taux directeurs de 50 points de base

Estimant que l'inflation devrait rester « trop forte pendant une trop longue période », le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé, jeudi 16 mars, de respecter son engagement pris en février (EUROPE 13113/4) en augmentant à nouveau les trois taux d’intérêt directeurs de la BCE de 50 points de base.

À compter du mercredi 22 mars, les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront donc relevés à respectivement 3,50, 3,75 et 3,00%.

En présentant cette décision, prise à « une très grande majorité » des gouverneurs, la présidente de la BCE a réaffirmé « la détermination » sans faille de l'institut monétaire à respecter sa mission première d'assurer un retour de l’inflation vers l’objectif de 2% à moyen terme. Elle a botté en touche lorsque la presse l'a interrogée sur la trajectoire des hausses ultérieures des taux, soulignant plusieurs fois l'importance, face à l'incertitude actuelle, de prendre des décisions de politique monétaire basées sur des données régulièrement actualisées, parmi lesquelles l'évolution des marchés financiers.

D'ailleurs, les décisions prises jeudi reposent sur des données compilées jusqu'à la date du 1er mars et ne tiennent pas compte des récentes turbulences financières observées sur les marchés après la banqueroute de trois banques américaines (EUROPE 13142/10) et la poursuite des déboires du Crédit Suisse.

Mme Lagarde a indiqué que les futures décisions de politique monétaire seront prises en fonction de l'évaluation par la BCE des perspectives d’inflation, « compte tenu des données économiques et financières, de la dynamique de l’inflation sous-jacente et de la force de la transmission de la politique monétaire ». C'est une considération « totalement nouvelle », a-t-elle fait valoir. Et d'ajouter que la BCE poursuivra la normalisation de sa politique monétaire, si - et c'est « une réserve importante » ('big caveat') - son scénario économique de base se maintient, à savoir une baisse progressive continue de l'inflation et une croissance économique accrue en 2023 après le ralentissement observé cet hiver.

Jeudi, la BCE a annoncé de nouvelles prévisions d'inflation à moyen terme, se basant désormais sur la trajectoire suivante: 5,3% en 2023, 2,9% en 2024 et 2,1% en 2025. Avec la baisse des prix énergétiques, l'attention se porte essentiellement sur l'inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergétiques), qui s’est accélérée en février et devrait s’établir, selon Mme Lagarde, « à 4,6% en moyenne en 2023, en hausse par rapport aux projections de décembre », avant de revenir à « 2,5% en 2024 et 2,2% en 2025 ».

Concernant la situation économique, l'institut monétaire a révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour 2023 à 1% du PIB de la zone euro, portée par un emploi robuste et un rattrapage du pouvoir d'achat. Il s'attend à une production de richesses à hauteur de 1,6% du PIB en 2024 et 2025, soit une révision à la baisse, due notamment à la transmission de la politique monétaire, qui renchérit les conditions de financement des opérateurs économiques.

Turbulences financières. La BCE surveille « attentivement » les tensions actuelles sur les marchés et « se tient prête à prendre les mesures nécessaires pour préserver la stabilité des prix et du système financier dans la zone euro », a dit Mme Lagarde, assurant qu'« aucun compromis » ('no trade off') ne sera établi entre la stabilité des prix et la stabilité financière, ces deux volets faisant l'objet d'outils monétaires spécifiques.

D'après l'ancienne dirigeante du FMI, « le secteur bancaire de la zone euro est résilient et dispose de niveaux de capital et de liquidité solides » qui lui garantissent une position plus solide que lors de la crise financière de 2008.

« La BCE possède une panoplie complète d’instruments de politique monétaire lui permettant de soutenir, le cas échéant, la liquidité du système financier de la zone euro et de préserver la transmission harmonieuse de la politique monétaire », a-t-elle ajouté. Mais « ce n'est pas ce que nous voyons en ce moment », a-t-elle insisté.

Abondant dans le même sens, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a fait valoir les niveaux robustes de liquidité des banques européennes, bien au-dessus des minimums réglementaires et composés, d'après lui, d'actifs de haute qualité. Selon lui, la hausse des taux d'intérêt de l'institut monétaire de Francfort augmentera la profitabilité des banques. Il a aussi relevé le caractère relativement unique du modèle commercial de la banque Silicon Valley Bank américaine, « un décalage entre l'actif et le passif » l'ayant rendue vulnérable. Quant à l'exposition vis-à-vis du Crédit Suisse, elle serait limitée et très diffuse au sein du secteur bancaire européen.

Voir les décisions de politique monétaire : https://aeur.eu/f/5uk (Mathieu Bion)

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