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Bulletin Quotidien Europe N° 13113
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Après une nouvelle hausse des taux de 0,5%, l'institut monétaire entend faire de même en mars

Considérant que la normalisation de sa politique monétaire n'est pas achevée quand l'inflation est estimée à 8,5% dans la zone euro en janvier, la BCE a décidé, jeudi 2 février à Francfort, de relever ses trois taux directeurs à hauteur de 0,5%. Elle a annoncé son intention de faire de même lors de sa réunion de jeudi 16 mars.

À compter du 8 février, les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt seront relevés à respectivement 3,00%, 3,25% et 2,50%.

« Le Conseil des gouverneurs continuera d’augmenter sensiblement les taux d’intérêt à un rythme régulier et de les maintenir à des niveaux suffisamment restrictifs pour assurer un retour au plus tôt de l’inflation vers son objectif de 2% à moyen terme », a justifié la présidente de la BCE, Christine Lagarde, assurant de « la détermination » de l'institut monétaire à respecter sa mission première.

Elle a placé l'action de la BCE sous le signe de la « continuité » et de la « cohérence ». Après l'augmentation décidée jeudi, la BCE « entend » donc relever de nouveau les taux de 50 points de base en mars. Mais, selon Mme Lagarde, les chiffres actuels sur le fait que la flambée des prix énergétiques se répand à l'ensemble de l'économie (inflation sous-jacente à 5,2% en janvier), les mesures budgétaires qu'ont adoptées pays de la zone euro pour aider les ménages et les entreprises les plus affectés ainsi que les négociations sur les hausses salariales permettent d'anticiper cette intention, qui ne constitue certes « pas un engagement à 100% » et devra être confirmée par des données actualisées.

Mme Lagarde n'a pas dit si la remontée des taux aura atteint son pic en mars, se bornant à répéter que, lorsque les taux auront atteint « des niveaux suffisamment restrictifs », ils seront maintenus à ces niveaux aussi longtemps que cela sera nécessaire.

Jeudi, la présidente de la BCE a aussi envoyé un message clair aux pays de la zone euro. Préparé la veille lors d'un dîner avec le président de l'Eurogroupe, Paschal Donohoe, ce message stipule que les dispositifs ciblés et temporaires, mis en place par les États membres pour aider les opérateurs économiques affectés par la crise énergétique, devraient être retirés « rapidement » en fonction de la chute des prix de l’énergie sur les marchés de détail et « de manière concertée » entre les Vingt.

« Les mesures qui ne respectent pas ces principes sont susceptibles d’exacerber les tensions inflationnistes à moyen terme, ce qui exigerait une réponse de politique monétaire plus forte », a prévenu Mme Lagarde.

APP. Par ailleurs, la BCE a précisé sa politique visant à réduire la taille de son bilan. Notamment, elle a confirmé que le portefeuille du programme d'achat d'actifs (APP) sera réduit de 15 milliards d’euros par mois en moyenne, entre mars et juin (EUROPE 13085/9).

Concernant les réinvestissements restants dans les obligations d’entreprises, ils seront « orientés plus nettement vers des émetteurs affichant une meilleure performance environnementale », en ligne avec notre approche visant à soutenir la décarbonation progressive de ces titres détenus par la BCE et les banques centrales nationales, a souligné Mme Lagarde (EUROPE 12986/20). Interrogée sur une possible risque de participation de la BCE au 'greenwashing', elle a assuré que l'institut monétaire agissait pour se prémunir d'un tel risque.

Voir les modalités de la réduction du bilan de la BCE : https://aeur.eu/f/574

Enfin, la présidente de la BCE a dépeint une situation macroéconomique qui demeure incertaine, mais où les risques sont devenus « plus équilibrés ». Elle a relevé notamment qu'avec l'abandon de la politique 'zéro Covid-19', la réouverture de la Chine aura un impact positif pour l'économie mondiale tout en accroissant potentiellement la pression inflationniste. Avec un taux moyen de 0,1% au quatrième trimestre, la croissance dans la zone euro a considérablement ralenti depuis la mi-2022, mais moins que prévu, et elle devrait rester faible à court terme. 

Participait officiellement pour la première fois en tant que membre à part entière du Conseil des gouverneurs de la BCE le gouverneur de la Banque nationale de Croatie, Boris Vujčić, à la faveur de l'adhésion de son pays à l'Eurozone au 1er janvier de cette année. (Mathieu Bion)

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