À la veille du sommet entre l’UE et l’Ukraine à Kiev (EUROPE 13112/5), le Parlement européen a rappelé son soutien à l’Ukraine, lors d’un débat, puis dans une résolution commune.
« Imaginons où serait l’Ukraine si on arrêtait de l’écouter, de la soutenir ; n’ayons pas peur, continuons le combat, continuons de soutenir l’Ukraine », a résumé Stephane Séjourné (français) au nom de Renew Europe.
Dans leur résolution commune adoptée par 489 voix pour, 36 contre et 49 abstentions, le PE continue de demander à l’Union et aux États membres de fournir à l’Ukraine tout le soutien nécessaire sur le plan politique, militaire, économique, financier, humanitaire et des infrastructures.
« Poutine doit voir quel est notre vrai pouvoir », a prévenu Iratxe García Pérez (S&D, espagnole), expliquant qu'à chaque action russe, l'UE réagira, que ce soit en termes humanitaires, de sanctions, de soutien militaire ou pour que la Russie paie devant la justice internationale.
Plusieurs représentants des groupes ont mis en avant le soutien militaire. « Ce dont l’Ukraine a principalement besoin, ce sont des armes ; elle ne pourra pas gagner la guerre sans armes. Nous en sommes tous conscients, mais sommes nous suffisamment déterminés? », s’est interrogée la Polonaise Beata Szydło pour la CRE. La résolution invite d’ailleurs les États membres à accroître et à accélérer leur assistance militaire à l’Ukraine. Le PE « souhaite que la fourniture d’avions de combat occidentaux et de systèmes de missiles à longue portée soit envisagée comme prochaine étape », précise le texte.
Lors du débat, au nom de La Gauche, Martin Schirdewan (allemand) a dénoncé la « rhétorique de guerre » du PE et appelé à la rhétorique de paix. « Cette guerre terrible nous impose d’assumer la responsabilité et de chercher des voies vers la paix », a-t-il estimé. Et d’ajouter : « La meilleure aide reste de tout faire pour que la guerre se termine le plus vite possible et pour qu’on utilise toutes les possibilités qui nous sont données, y compris la diplomatie et les entretiens à haut niveau ».
Dans sa résolution, le PE invite l’UE à soutenir les dix propositions de paix présentées par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et à travailler à la création d’une coalition internationale qui mette ce plan en œuvre ainsi qu’à discuter avec l’Ukraine des futures garanties en matière de sécurité, comme celles proposées dans le pacte de sécurité de Kiev (EUROPE 13111/24).
Les députés soulignent en outre l’importance d’une mise en œuvre ininterrompue et rapide des engagements en matière d’assistance financière et technique afin de garantir la stabilité macroéconomique de l’Ukraine, de rétablir les infrastructures critiques et de maintenir les services publics essentiels, tout en rappelant la nécessité d’une « utilisation responsable, transparente et efficace » de l’aide.
De plus, le PE demande que les États membres adoptent dès que possible le dixième train de sanctions à l’encontre de la Russie, et soulignent qu’il est urgent que celle-ci réponde des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du crime d’agression qu’elle a commis contre l’Ukraine.
Pour les eurodéputés, le sommet devrait être une occasion de privilégier la nécessité de créer un plan global de relance de l’Union pour l’Ukraine, « qui devrait être axé sur l’aide immédiate, à moyen et à long terme, la reconstruction et la relance du pays et contribuer à encore renforcer la croissance de l’économie après la guerre ». « La reconstruction doit être étroitement liée aux exigences du processus d’adhésion » de l’Ukraine à l’UE, a prévenu Michael Gahler (PPE, allemand). Le PE demande aux participants au sommet d’œuvrer en faveur du lancement des négociations d’adhésion et de soutenir une feuille de route définissant les prochaines étapes pour permettre l’adhésion de l’Ukraine au marché unique de l’Union.
Les députés invitent donc les dirigeants ukrainiens à poursuivre résolument le programme de réformes liées à l’Union. « Gagner la guerre ne suffira pas [à l'Ukraine] pour devenir membre de l’UE ; d’autres mesures fondamentales doivent être prises le plus rapidement possible. Même pendant la guerre, l’Ukraine lutte contre la corruption et ses progrès doivent devenir structurels et accélérés », a prévenu Viola von Cramon-Taubadel (Verts/ALE, allemande).
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/56t (Camille-Cerise Gessant)