Les représentants des principaux groupes politiques du PE ont appelé les autorités géorgiennes, jeudi 2 février, à autoriser le transfert à l’étranger de l’ancien président Mikheil Saakachvili pour qu’il puisse se soigner. Âgé de 55 ans, il purge une peine de six ans de prison pour « abus de pouvoir », condamnation qu'il juge politique.
Les députés ont également dénoncé l’immense polarisation qui touche la classe politique et la société.
« La vie de l’ancien président est en jeu. Ce comportement inacceptable des autorités est en contradiction directe avec les aspirations européennes déclarées du gouvernement géorgien et le respect des valeurs que cela entraîne », a rappelé pour le PPE Miriam Lexmann (slovaque), prévenant que les autorités seraient tenues pour responsables s’il arrivait malheur à M. Saakachvili. Le parti de M. Saakachvili est membre du parti PPE.
Pour Petras Auštrevičius (Renew Europe, lituanien), ce transfert à l’étranger permettrait de sauver la vie de l’ancien président et au pays, qui souhaite devenir candidat à l’adhésion à l’UE, de « soutenir son visage européen ».
Nacho Sánchez Amor (S&D, espagnol) estime que ce transfert permettrait également d’avoir un « agenda politique normalisé » dans le pays.
Markéta Gregorová (Verts/ALE, tchèque) a dénoncé une affaire « hautement politisée », ajoutant que l’on parle actuellement de « prisonnier politique » plutôt que de « statut de candidat » du pays à l'adhésion à l'UE.
Pour la Commission, Johannes Hahn a souligné que les autorités géorgiennes devaient prendre toutes les mesures pour protéger la santé de l’ancien président. Il a plaidé pour qu'elles autorisent un avis médical indépendant de la part d’une organisation internationale sur la santé de M. Saakachvili.
Au nom de la Présidence du Conseil de l’UE, le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a rappelé que les autorités géorgiennes avaient le devoir de prendre soin et de respecter les personnes, y compris pour ce qui est de leur santé physique et mentale et de leur intégrité physique, ajoutant qu’il était important que la Géorgie poursuive ses efforts sur l’État de droit.
MM. Jonson et Hahn ont précisé que l’UE était en contact avec les autorités géorgiennes au sujet de M. Saakachvili. (Camille-Cerise Gessant)