Les eurodéputés ont exprimé, jeudi 16 mars à Strasbourg, des opinions divergentes sur l’ampleur de la réforme à venir de la législation sur le bien-être animal.
Lors d’un débat en plénière sur le bien-être animal, lancé par une déclaration de la Commission européenne, l’eurodéputé Daniel Buda (PPE, roumain) a insisté sur le fait que, dans certains pays de l'UE, la législation en la matière n'est pas appliquée. Il ne faut pas imposer trop de règles aux agriculteurs, a-t-il estimé.
« Il y a un problème en matière d’élevage : les durées de transport sont trop longues et les animaux ne sont pas assez hydratés », a lancé Niels Fuglsang (S&D, danois), qui souhaite une réforme ambitieuse des règles. Il a même souhaité la désignation d'un commissaire reprenant le portefeuille du bien-être animal.
Pour Jérémy Decerle (Renew Europe, français), les éleveurs font déjà « beaucoup de bonnes choses » en matière de bien-être animal. Il a plaidé pour des règles « adaptées à chaque espèce ». Il faut aussi que ces règles, pour qu'elles soient viables, soient « conditionnées aussi aux normes des produits que nous importons en Europe ». Pour ceux qui seraient pressés de signer l'accord commercial avec le Mercosur, « il y a encore un petit peu de boulot pour qu'on adapte justement nos règles », a alerté M. Decerle.
Francisco Guerreiro (La Gauche, portugais) a dénoncé les pratiques « barbares » de la tauromachie, encore pratiquée « en Espagne, au Portugal et en France ».
Fin des cages. Au nom de la Commission, la commissaire Mairead McGuinness a déclaré face aux eurodéputés que, dans le courant de l'année, la Commission proposera « un ensemble ambitieux et équilibré de propositions législatives ». L'objectif sera de mieux aligner cette législation sur les connaissances scientifiques actuelles et les attentes des citoyens. La Commission a notamment l'intention de « proposer l'élimination progressive des cages utilisées pour garder certains animaux d'élevage ».
L'objectif de la Commission est de proposer une législation de portée plus large et plus facile à mettre en œuvre et à faire respecter. Dans le même temps, la législation « devra être équilibrée et tenir compte des réalités sociales et économiques, ainsi que de la sécurité alimentaire », a promis Mme McGuinness.
L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) adoptera d’autres avis sur le bien-être des animaux : dindes, bovins et poissons d'élevage.
Comme les préoccupations des citoyens s'étendent au bien-être des animaux au-delà des frontières de l'UE, la Commission « étudie la possibilité de proposer des exigences en matière d'importation » des produits issus de l'élevage.
« Sous réserve des résultats de l'analyse d'impact », la Commission a l'intention de proposer un cadre européen pour l'étiquetage relatif au bien-être animal afin de permettre aux consommateurs de faire des choix en connaissance de cause et d'assurer un meilleur retour sur investissement aux producteurs qui investissent dans le bien-être des animaux, a conclu la commissaire. (Lionel Changeur)