login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13134
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

'E-Fuels', la Présidence suédoise du Conseil de l'UE reporte l'adoption formelle de l'accord sur la fin des moteurs thermiques en 2035 après le blocage allemand

Le Comité des représentants des États membres auprès de l’UE (‘Coreper’) a décidé, vendredi 3 mars, de reporter l’adoption formelle de l’accord relatif aux nouvelles normes plus strictes d’émission de CO2 pour les voitures et camionnettes neuves à partir de 2035. Le vote du Conseil de l’UE sur ce texte, qui doit sonner la fin des ventes des véhicules neufs à moteur thermique en 2035, devait avoir lieu le 7 mars prochain. Le Coreper « reviendra sur la question en temps voulu », a précisé un porte-parole de la Présidence suédoise du Conseil de l'UE.

Cette décision intervient alors que le ministre allemand chargé des Transports, Volker Wissing, a annoncé, le 28 février dernier, que l'Allemagne s’opposerait à l’accord (EUROPE 13131/6) - déjà formellement adopté par le Parlement européen le 14 février dernier en séance plénière (EUROPE 13121/13) - si la Commission européenne ne présente pas de nouvelle proposition permettant de poursuivre l’immatriculation de nouveaux véhicules fonctionnant avec des e-carburants (‘E-Fuels’).

« L'Allemagne n'acceptera l'accord que si la Commission fait une proposition sur la manière dont les véhicules à moteur à combustion interne fonctionnant uniquement aux e-carburants pourront être immatriculés même après 2035 », avait déclaré M. Wissing

L’annonce du gouvernement allemand était venue fragiliser la garantie d’obtenir une majorité qualifiée parmi les Vingt-sept alors que plusieurs autres États membres avaient déjà fait part, à l’instar de l’Italie, de la Pologne ou de la Bulgarie, du fait qu’ils ne soutiendraient pas l’accord.

Le report du vote a provoqué de nombreuses réactions au sein des institutions.

Le PPE s’est réjoui de ce changement de dernière minute, insistant sur le besoin d’inclure les ‘e-carburants’ dans la liste des carburants alternatifs pouvant être utilisés.

« Le Groupe PPE a toujours voté contre une telle interdiction et appelle les États membres à faire de même. L'interdiction empêchera l'innovation, coûtera des milliers d'emplois et conduira au déclin d'une industrie européenne essentielle », a commenté Jens Gieseke (PPE, allemand). Et d’ajouter : « Nous sommes en faveur d'une réduction ambitieuse du CO2 dans les transports, mais nous devons maintenir la neutralité technologique et ne pas interdire complètement les moteurs à combustion ».

À l’inverse, du côté du groupe des Verts/ALE, la nouvelle a plutôt eu l’effet d’une douche froide. « Les ‘e-fuels’ ne sont pas une solution pour le secteur automobile, même si le ministre allemand des Transports, Volker Wissing, mise sur eux. (…) C'est justement dans le trafic aérien, qui ne peut pas être électrifié aujourd'hui d'un point de vue purement technique, que l'on en aurait un besoin urgent. Nous ne pouvons pas nous permettre de brûler des e-fuels dans les voitures », a déclaré Anna Deparnay-Grunenberg (Verts/ALE, allemande). (Thomas Mangin)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES