Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a condamné « avec la plus grande fermeté », vendredi 3 mars, les « simulacres de procès » ayant abouti à la condamnation de quatre défenseurs des droits de l'homme, dont le Prix Nobel pour la Paix 2022, Alès Bialiatski, à des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement.
Ces procès constituent « un nouvel exemple consternant de la tentative du régime de Loukachenko de réduire au silence ceux qui défendent les droits de l'homme et les libertés fondamentales du peuple biélorusse », a-t-il estimé dans un communiqué.
L'UE demande la libération immédiate et inconditionnelle de plus de 1 450 prisonniers politiques en Biélorussie, « brutalement persécutés » pour s'être opposés aux violations des droits de l'homme dans le pays et pour avoir rejeté l'implication du régime biélorusse dans l'agression militaire russe contre l'Ukraine.
Les quatre défenseurs des droits de l'homme, membres de l'organisation Viasna (Printemps), ont été condamnés pour financement d'activités violant l'ordre public. L'un d'entre eux, exilé en Pologne, Dmitry Solovyov, a appelé les États-Unis et l'UE à accroître leurs sanctions à l'encontre du régime de Loukachenko, selon l'AFP.
Au Conseil de l'Europe, la Commissaire aux droits de l’homme, Dunja Mijatović, a dénoncé « la condamnation scandaleuse et l’emprisonnement à long terme » d’Alès Bialiatski et de ses compagnons, qui constituent une « tentative de réduire au silence les voix critiques indépendantes et de les punir pour leur travail légitime en faveur des droits humains » en Biélorussie.
Rappelant les dizaines d’autres condamnations injustes de dissidents, de journalistes et de défenseurs des droits humains, Mme Mijatović y voit « la dernière illustration des représailles et de la persécution à grande échelle et systémique de tous ceux qui luttent courageusement pour la démocratie, la justice et les droits de l’homme en Biélorussie ».
La Commissaire appelle les 46 États membres du Conseil de l’Europe à soutenir des défenseurs des droits de l’homme biélorusses restés au pays ou exilés. (Mathieu Bion et Véronique Leblanc)