L’Allemagne a annoncé, mardi 28 février, qu’elle s’opposerait à l’accord politique provisoire auquel sont parvenus le Conseil de l’UE et le Parlement européen concernant les normes de performance plus strictes en matière d'émissions de CO2 pour les voitures et les camionnettes neuves (EUROPE 13053/1) si la Commission européenne ne présente pas de proposition visant à autoriser les e-carburants ('E-Fuels') après 2035.
« L'Allemagne n'acceptera l'accord que si la Commission fait une proposition sur la manière dont les véhicules à moteur à combustion interne fonctionnant uniquement aux e-carburants pourront être immatriculés même après 2035 », a indiqué, le 28 février, le ministre allemand chargé des Transports, Volker Wissing, au média allemand Bild Zeitung.
« La Commission devrait présenter une proposition sur la manière dont les e-carburants peuvent être utilisés ou sur la manière dont les moteurs à combustion fonctionnant avec des carburants neutres pour le climat peuvent être gérés », avait déjà déclaré, la veille, le secrétaire d'État allemand aux Transports, Michael Theurer, lors d’une réunion informelle des ministres des États membres chargés des Transports à Stockholm (EUROPE 13130/9).
Ceux qui défendent la possibilité de recourir aux E-fuels après 2035 se basent sur plusieurs arguments, notamment le fait qu’ils sont produits à partir d’émissions de CO2 captées et d’hydrogène, ce qui les rend neutres en émission.
La potentielle opposition allemande viendrait s’ajouter à celles possibles de plusieurs autres États membres, tels que la Pologne, la Bulgarie ou l’Italie, et ferait ainsi peser de gros doutes quant au fait que l’accord puisse être validé par le Conseil de l’UE.
Pour rappel, cet accord politique provisoire prévoit une réduction de 55% des émissions pour les véhicules neufs d’ici 2030 et de 50% pour les camionnettes par rapport aux niveaux de 2021. À l’horizon 2035, cet objectif de réduction sera porté à 100%, signifiant ainsi la fin de la vente de véhicules à moteur thermique neufs à cette échéance. (Thomas Mangin)