La commission de l’égalité de genre (FEMM) du Parlement européen a examiné, mardi 28 février, un projet de rapport d’initiative sur les suites du mouvement MeToo (EUROPE 12839/32) et le harcèlement au sein des institutions européennes. Au total, les eurodéputés ont déposé 241 amendements.
Le rapport d’origine s’attaque, notamment, aux mesures prises au sein du PE pour lutter contre le harcèlement sexuel. Parmi elles, l’introduction d’une formation sur le sujet, restée facultative malgré l’appel, dans une résolution de décembre 2021, à la rendre obligatoire (EUROPE 12856/18). En dépit du consensus affiché sur le sujet et d’amendements martelant sa nécessité, seuls « 260 des 705 députés européens ont suivi la formation, soit 37%. C'est beaucoup moins que le nombre de députés [516, NDLR] qui ont voté la résolution précédente », a rappelé Michal Šimečka (S&D, slovaque), rapporteur (EUROPE 13080/18).
Pour rappel, en 2021, une partie des élus PPE ainsi que les groupes CRE et ID s’étaient opposés à ce que les formations deviennent obligatoires (EUROPE 12849/17).
Les modifications suggérées par les eurodéputés portent également sur un renforcement au sein du PE et des autres institutions de l’UE pour ce qui est du soutien aux victimes. « Le faible nombre de signalements de harcèlement sexuel montre que l'ancienne culture du silence perdure », résume le rapporteur, promettant une « attention particulière » sur ce sujet dans ses amendements de compromis.
Enfin, à la demande des membres, M. Šimečka proposera d’étendre le champ d’application de son rapport pour couvrir également l’évaluation de la situation au sein des États membres.
La commission FEMM se prononcera sur un texte consolidé en avril.
Pour lire le projet de rapport : https://aeur.eu/f/5jb
Et les amendements : https://aeur.eu/f/5jc (Hélène Seynaeve)