Les eurodéputés ont adopté jeudi 16 décembre, à une écrasante majorité (516 voix pour, 86 contre et 75 abstentions), une nouvelle résolution appelant à ce que les mesures prises en interne pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuels soient renforcées (EUROPE 12846/11).
Une résolution sur le sujet avait déjà été approuvée en octobre 2017 (EUROPE 11892/26). Le Parlement a toutefois reconnu jeudi que « les progrès accomplis dans la lutte contre le problème du harcèlement sexuel après trois ans de mouvement #Metoo ne sont pas suffisants et qu’il reste encore de nombreuses améliorations à apporter ».
Le Parlement a donc notamment réitéré leur demande de formations en matière de lutte contre le harcèlement, obligatoires pour tous les députés.
Cette demande avait déjà été formulée en 2017. Depuis, des formations ont bien été proposées, mais sur la base du volontariat.
Des élus du PPE se sont opposés en interne à ce que ces formations deviennent obligatoires, estimant que cela irait à l'encontre de leur liberté de mandat. Toutefois, leur argument a été jugé non recevable par les services juridiques du Parlement dans un avis rendu fin novembre, ont confirmé plusieurs sources institutionnelles à EUROPE.
Une partie du groupe a, malgré tout, de nouveau tenté de faire barrage (EUROPE 12849/17) à la mise en place de ces formations obligatoires lors du vote de jeudi, en déposant un amendement.
Ce dernier suggérait que les formations actuellement dispensées ne soient rendues obligatoires que dans le cas où leur traduction dans toutes les langues officielles de l’UE et la publication sur le site internet du Parlement de la liste des députés y ayant participé ne suffirait pas à augmenter leur fréquentation. L'amendement a toutefois été massivement rejeté (383 voix contre, 189 pour et 101 abstentions).
Par ailleurs, dans leur résolution, les eurodéputés réclament une évaluation indépendante de l’efficacité du système actuel de prévention du harcèlement et l'engagement de médecins dans le comité 'harcèlement' du Parlement.
Pour plus de détails : https://bit.ly/3yAyf77 (Agathe Cherki)