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Bulletin Quotidien Europe N° 13131
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Paiements

La vérification du nom de l’IBAN ne suffira pas à éviter la fraude bancaire, alerte un expert allemand

« La vérification IBAN ne suffira pas à éviter la fraude bancaire liée aux paiements instantanés », a estimé le Dr. Joachim Schmalzl, membre exécutif du comité directeur de l'association des caisses d'épargne allemandes (DSGV), lors d’une conférence organisée mardi 28 février par le Groupe européen d'épargne et de banque de détail (ESGB).

Le Dr. Schmalzl voit d'un bon œil la proposition législative, présentée en octobre 2022 par la Commission européenne, visant à généraliser le déploiement des paiements instantanés en euros (EUROPE 13051/16).

« Il y a peu d'innovation dans le domaine des paiements, c’est un atout qui nous rend plus compétitifs en Europe, mais il est sous-utilisé », a-t-il déploré. Selon lui, ce type de paiement deviendra normal à l'avenir.

Il a considéré que le marché avait « besoin d'un coup de pouce » pour le mettre en place. « C’est nécessaire parce que l'acceptation du marché est trop lente, et je suis d'accord avec la Commission sur ce point », a-t-il ajouté.

Cependant, il a regretté que la proposition de la Commission ne contienne pas plus de mesures pour lutter contre la fraude. « La vérification de l'IBAN est un risque élevé pour le paiement instantané », a-t-il averti« Il est toujours question de fraude quand il s’agit des paiements, mais c’est encore plus dangereux lorsque les paiements sont instantanés », a-t-il poursuivi.

La vérification du nom de l’IBAN (‘IBAN-name check’) consiste, pour une banque, à vérifier si le numéro de compte (IBAN) et le nom du bénéficiaire correspondent lors d'un ordre de virement. Si ce n'est pas le cas, la banque le signale au client, qui pourra alors confirmer ou annuler l'ordre de virement. Ce système existe déjà aux Pays-Bas.

« Ce n'est pas une mauvaise idée, mais c'est la seule réponse qu’apporte la Commission », a souligné le Dr. Schmalzl. 

En effet, il a fait remarquer que 80% des cas de fraude sont le résultat de l’ingénierie sociale (ou ‘social engineering’), c’est-à-dire le piratage psychologique ou la fraude psychologique. Selon lui, même l’agence européenne de police criminelle Europol n'y est pas vraiment favorable.

La solution réside davantage dans la transparence des systèmes antifraude mis en place par les banques et la prévention auprès des consommateurs, d’après le Dr. Schmalzl.

L’Allemand a également critiqué le contenu de la révision de la directive 'PSD 2' encadrant les services de paiement, présentée par la Commission en février (EUROPE 13116/14) et dont fait partie la proposition concernant les paiements instantanés. Cette révision permet notamment de partager les données des comptes de paiement avec un autre prestataire, avec le consentement du client.

Il est d’avis que cette réglementation n’est « pas équilibrée », car les applications de paiements comme Apple Pay utilisent gratuitement les données fournies par les banques, qui, de leur côté, paient pour que ce système fonctionne. « Il faut organiser une réponse européenne en aidant à former un consortium dans l'UE pour travailler ensemble », a-t-il défendu. (Anne Damiani)

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