Après les Pays-Bas et l’Italie, huit États membres, à savoir l’Autriche, la Grèce, le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, Malte et la Slovaquie, ont fait connaître, lundi 6 février, leurs attentes vis-à-vis de la discussion au Sommet européen sur la migration par le biais d'une lettre des dirigeants de ces pays adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et au président du Conseil européen, Charles Michel.
Révélé par Politico et vu par EUROPE, ce courrier indique que la migration irrégulière est redevenue l'une des questions « les plus pressantes » dans l'UE.
« La situation appelle une attention politique urgente ainsi que des mesures concrètes, notamment pour que les États membres accordent la priorité aux personnes ayant besoin d'une protection internationale, y compris les Ukrainiens », écrivent ces pays.
Ces huit pays appellent à progresser sur l'ensemble du 'Pacte sur les migrations et l'asile' et sur les propositions législatives visant à remédier aux situations d'instrumentalisation des demandeurs d'asile.
Ne citant pas l’externalisation des politiques d’asile, ces pays appellent néanmoins à des « méthodes innovantes » avec les pays partenaires.
Il faut encore renforcer la protection des frontières extérieures, en tenant compte des « différences entre les frontières terrestres et maritimes et en soutenant les États membres dans leurs efforts, y compris le déploiement d'infrastructures et la surveillance aérienne des frontières maritimes », le texte n'évoquant toutefois pas des clôtures ou barbelés.
Un soutien financier supplémentaire dans le cadre du budget européen existant devrait aussi contribuer à la mise en œuvre des mesures opérationnelles et techniques pertinentes pour une protection efficace des frontières.
Il faut encore augmenter significativement les retours rapides des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier en utilisant avec détermination tous les moyens de pression - notamment les politiques en matière de visas, de commerce et de développement - afin d'améliorer les conditions de retour et de réadmission.
La discussion prévue au Sommet européen sur la migration pourrait en tout cas être agitée par la question du financement européen de ‘murs’ anti-migrants aux frontières extérieures.
Lundi 6 février, un nouveau paragraphe a été ajouté au projet de conclusions, appelant à la « mobilisation des fonds européens et moyens pour aider les États membres à renforcer leurs capacités et infrastructures de contrôles aux frontières extérieures », notamment via la surveillance aérienne et des équipements. Toutefois, cela ne constitue pas pour autant un tournant en faveur de financement de ‘murs’, mais détaille le type de soutien que peut apporter l’UE.
Les conclusions appellent notamment la Commission à finaliser rapidement sa nouvelle 'Stratégie de gestion intégrée des frontières', qui dresse notamment les besoins en la matière. Le PE, quant à lui, n’a pas encore pris position sur cette nouvelle stratégie.
Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/58u
Lien vers les conclusions provisoires : https://aeur.eu/f/58q (Solenn Paulic)