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Bulletin Quotidien Europe N° 13102
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Justice

La Commission européenne pense à un mécanisme d'enquête pour récolter des preuves sur le crime d'agression en Ukraine en attendant un tribunal spécial

En attendant l'établissement d'un tribunal spécial pour juger le crime d'agression de la Russie contre l'Ukraine (EUROPE 13074/3), la Commission européenne tente d'avancer sur des solutions intermédiaires. 

Un tel tribunal nécessite le soutien de nombreux partenaires internationaux et des Nations unies, et cela devrait prendre du temps, a rappelé le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, dans l'hémicycle du Parlement européen, mercredi 18 janvier. C'est pourquoi la Commission travaille à la mise en place d'un bureau international de poursuites, à moyen terme, pour entamer, continuer les enquêtes déjà en cours, rassembler les preuves du crime d'agression, en vue de potentiels futurs procès. 

« Les discussions sont en cours sur les questions juridiques ou de sécurité avec plusieurs acteurs, y compris les autorités ukrainiennes, Eurojust ou la Cour pénale internationale (CPI) », a précisé le commissaire européen. 

Les eurodéputés n'ont pu que soutenir les démarches de la Commission, eux qui ont appelé, dès le mois de mai 2022, à établir un tribunal spécial pour juger du crime d'agression (EUROPE 12956/5). 

« Nous avons besoin d'un tribunal spécial, pour juger Vladimir Poutine, mais aussi Alexandre Loukachenko, puisqu'il a permis que le territoire biélorusse soit utilisé pour l'agression criminelle de la Russie », a affirmé le député Andrius Kubilius (PPE, lituanien).

Dans une résolution qui sera mise au vote le 19 janvier, les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et CRE réclament à nouveau l'établissement d'un tribunal spécial pour juger du crime d'agression, qui « complètera les efforts d'enquête de la Cour pénale internationale et son procureur », selon les élus. 

De manière similaire à la Commission, ils font aussi référence à l'établissement d'un mécanisme d'enquête provisoire, qu'ils appellent « Bureau du procureur intérimaire » (IPO) et qui pourrait « être une étape pratique importante dans l'enquête sur le crime d'agression ».

À l'instar de la Commission européenne, les auteurs de la résolution appellent l'Ukraine à ratifier le Statut de Rome qui établit la CPI. (Léa Marchal)

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