Le centre de réflexion Veblen Institute for Economic Reforms préconise de mettre sur pied une option de service public qu'assumerait la BCE pour l'introduction d'un euro numérique, dans une étude publiée mardi 17 janvier et commanditée par le groupe La Gauche au Parlement européen.
Le think tank basé à Paris met en garde contre le recours unique à des intermédiaires privés, une telle solution n'étant pas de nature, selon lui, à faire de l'euro numérique un moyen de paiement absolument sûr, inclusif, gratuit pour les usagers et pleinement respectueux de leurs données personnelles.
« L'argument principal contre une option de service public est qu'elle conduirait à une fuite massive des dépôts bancaires confiés aux banques commerciales, avec des conséquences négatives importantes pour le modèle bancaire universel. (...) Ces affirmations sont, pour nous, exagérées », estiment les auteurs de l'étude.
D'après eux, « les moyens de paiement fournis par le marché ont montré leurs limites : les infrastructures sur lesquelles repose l'argent liquide se dégradent et l'infrastructure des cartes de paiement produit des résultats socioéconomiques sous-optimaux ».
Dans la déclaration réaffirmant son soutien politique au projet d'euro numérique piloté par la BCE qu'il a adoptée lundi (EUROPE 13100/4), l'Eurogroupe est d'avis que l'écosystème de la future monnaie banque centrale « devrait tirer parti de la force et de l'expérience des participants publics et privés et s'appuyer sur l'infrastructure européenne ». « Bien que des travaux supplémentaires soient nécessaires sur la répartition précise des compétences, nous considérons que les intermédiaires supervisés pourraient jouer un rôle important dans l'écosystème de l'euro numérique », ajoute-t-il.
Voir l'étude de Veblen Institute for Economic Reforms : https://aeur.eu/f/4y1 (Mathieu Bion)