Le débat sur les réponses à apporter à l'Inflation Reduction Act (IRA) américain s’est poursuivi au Parlement européen, mercredi 18 janvier, avec la ministre suédoise des Affaires européennes, Jessika Roswall, dont le pays exerce la Présidence du Conseil de l'UE, et le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton. Si tous s'accordent sur le besoin d'agir pour soutenir les entreprises européennes dans la transition verte, la méthode pour le faire ne fait pas l'unanimité. Les groupes ont réagi aux récentes annonces de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (EUROPE 13101/9).
La ministre suédoise a aussi contribué au débat en rappelant ce qu'elle avait déjà indiqué la semaine précédente à Stockholm : il convient de se garder de mesures court-termistes, selon elle (EUROPE 13097/4), et le premier groupe politique de l'hémicycle, le PPE, n'en pense pas moins. Plusieurs de ses députés ont mis en garde contre des règles sur les aides d'État trop souples qui pourraient mettre à mal l'intégrité du marché intérieur.
L'idée d'un fonds de souveraineté ne les convainc guère plus. « Un instrument financé par la dette ferait tout, sauf accroître la souveraineté européenne », a déclaré Markus Ferber (PPE, allemand). Et sa collègue Esther de Lange (PPE, néerlandaise) d'ajouter : « Nous espérons que la future proposition de la Commission européenne sera ciblée et visera l'impact le plus élevé et non pas les montants les plus élevés ».
Une course aux subventions à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union n'est pas souhaitable non plus pour les Verts/ALE, ni d'ailleurs pour Renew Europe, qui accueille toutefois plus positivement les annonces de la Commission.
Le chef de groupe, Stéphane Séjourné (Renew Europe, français), a dit espérer des propositions rapides de la Commission. Et d'ajouter : « Il serait de bon aloi que les groupes politiques ici puissent adopter les textes avant l'été ».
Chez les socialistes et démocrates, les annonces sont aussi perçues positivement. La députée Agnes Jongerius (S&D, néerlandaise) a toutefois insisté sur le besoin d'ajouter des conditions à un potentiel fonds de souveraineté : « Il faut, par exemple, que les entreprises s'engagent pour des rémunérations équitables. Nous ne voulons pas que des fonds publics soient utilisés abusivement dans des mauvaises choses ».
Le PE doit, en principe, voter une résolution à ce sujet le 2 février prochain. (Léa Marchal)