Les jeux vidéo en ligne sont un marché porteur en plein essor, dont il faudrait encourager la croissance, mais ils s'accompagnent de risques d'addiction pour les joueurs, qu'il convient de mieux protéger - les enfants mineurs en priorité -, a souligné le Parlement européen, mercredi 18 janvier, dans une résolution d'initiative réclamant une approche harmonisée dans l'UE pour répondre à cette double exigence dans le marché unique (EUROPE 13039/6).
À une très large majorité (577 voix pour, 56 contre et 15 abstentions), le Parlement a ainsi repris à son compte le rapport d'Adriana Maldonado López (S&D, espagnole) tel qu'adopté en décembre en commission parlementaire du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO).
Face aux risques pour la santé mentale des joueurs, liés à l'addiction et aux pratiques manipulatrices, les eurodéputés souhaitent l’harmonisation des règles pour permettre aux parents d'avoir une vue claire et d'exercer un contrôle des jeux dont leurs enfants sont friands ainsi que sur le temps et l'argent qui leur est consacré. Ils demandent des informations plus claires sur le contenu, les politiques d'achat et la tranche d'âge ciblée par les jeux, éventuellement sur le modèle du système PEGI.
Les députés souhaitent aussi que le secteur des jeux vidéo en ligne combatte les stéréotypes de genre dans les jeux.
Pour encourager un secteur pionnier qui a déjà créé plus de 89 000 emplois dans l'UE, les députés proposent de créer un prix européen annuel du jeu vidéo en ligne.
Le Parlement invite aussi la Commission à présenter « une stratégie européenne qui libère le potentiel économique, social, éducatif, culturel et innovant du secteur vidéo pour permettre à l’UE de devenir un acteur de premier plan sur le marché mondial des jeux vidéo ».
Il demande à la Commission d’évaluer si le cadre juridique actuel en matière de protection des consommateurs suffit à traiter tous les problèmes de droit de la consommation soulevés par les coffres-surprises et les achats dans le cadre du jeu et, si tel n'est pas le cas, d'adapter ce cadre, voire d'adopter une proposition législative distincte sur les jeux vidéo en ligne en vue d’établir un cadre réglementaire européen harmonisé à même d’assurer une forte protection des consommateurs, en particulier des mineurs et des jeunes enfants.
Il estime qu'il serait opportun d'évaluer s'il convient de proposer une obligation de désactiver par défaut les paiements dans le cadre du jeu et les mécanismes de coffres-surprises, voire une interdiction des coffres-surprises payants.
Au nom de la Commission européenne, le commissaire à la Justice, Didier Reynders, a dit qu'il encourageait les entreprises à collaborer avec les organisations de consommateurs pour recueillir des exemples concrets de pratiques agressives et à faire usage des outils de sensibilisation.
Il a ajouté que, dans le cadre de l'évaluation en cours de la législation 'Protection des consommateurs' pour ce qui concerne l'équité numérique, la Commission se concentrait, entre autres, sur la transparence des prix.
Voir la résolution du PE : https://aeur.eu/f/4ya (Aminata Niang)