Depuis la mine de minerai de fer de Kiruna, qui représente 80% de l’extraction européenne, la ministre suédoise de l’Énergie, des Entreprises et de l’Industrie, Ebba Busch, a annoncé, jeudi 12 janvier, que les matières premières étaient une priorité pour la Présidence du Conseil de l’UE de son pays.
Ainsi, la ministre a précisé que la Présidence donnerait « une priorité importante » à l’acte sur les matières premières que la Commission européenne doit présenter fin mars.
« L'acte prévu doit permettre l'approvisionnement en matières premières durables à partir de sources primaires et secondaires. Cela comprend des actions axées sur l'augmentation de la production de l'UE, mais aussi sur l'efficacité de la recherche, la circularité et la diversification du commerce mondial. Nous avons besoin de tout cela dès maintenant », a expliqué Mme Busch devant les médias, dont EUROPE, rappelant que l’UE avait investi beaucoup dans la transition verte et que les matières premières étaient essentielles pour elle.
Mais l'UE est dépendante de l’importation des matériaux nécessaires pour cette transition verte. « La demande de matières premières critiques ne devrait qu'augmenter dans les années à venir. Selon la Commission, la demande augmentera de 500% d'ici à 2030. Or, la Chine représente environ 70% de la production mondiale de métaux nécessaires pour faciliter la transition écologique », a prévenu la ministre, expliquant, par exemple, que l'UE est dépendante à 100% du lithium importé, nécessaire pour les batteries.
Mme Busch a mis en garde contre une trop grande dépendance, rappelant que l’UE avait vu ce que cela avait donné d’être trop dépendante du gaz russe et que cela ne pouvait pas se produire dans d’autres domaines.
Et pour aider l’UE à être plus autonome sur les matières premières, la Suède n’est pas en reste. « L'industrie minière reste un secteur clé et nous sommes aujourd'hui l'un des principaux pays producteurs de métaux de l'UE. Nous sommes bien dotés en minéraux contenant des métaux de base. (…) Nous sommes à la pointe de l'innovation dans l'industrie extractive, mais aussi dans la production de technologies et d'équipements connexes », a-t-elle expliqué.
Ainsi, l’entreprise publique suédoise qui gère la mine de Kiruna, LKAB, a annoncé, le 12 janvier, avoir identifié d'importants gisements de terres rares dans la région de Kiruna dépassant un million de tonnes d'oxydes, soit le plus grand gisement connu de ce type en Europe. Selon le président et directeur général du groupe LKAB, Jan Moström, ce gisement pourrait « devenir une composante importante de la production des matières premières essentielles, qui sont absolument cruciales pour permettre la transition écologique ». Selon LKAB, pour l'instant, aucun élément de terres rares n'est extrait en Europe.
LKAB, qui travaille sur l'exploitation de ses déchets miniers, notamment pour en extraire du phosphore, travaille aussi sur une extraction plus verte, participant au projet HYBRIT, qui a pour objectif de développer une chaîne de valeur sans énergie fossile pour la production de fer et d'acier en utilisant de l'électricité sans énergie fossile et de l'hydrogène. Le projet a reçu un soutien de 143 millions d’euros du fonds d’innovation de l’UE. (Camille-Cerise Gessant)