La Commission européenne a dévoilé, jeudi 10 novembre, son 'Plan d’action sur la mobilité militaire 2.0', qui doit permettre aux forces armées de l’UE de se déplacer plus rapidement et plus efficacement. La présentation de ce plan par la Commission a été accompagnée, dans un contexte de guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine et d'accroissement de la cybermenace, d’une communication conjointe sur la politique de cyberdéfense de l’UE (voir autre nouvelle).
Dans le détail, le plan d’action de la Commission, s’inscrivant dans la lignée du premier plan d’action dans ce domaine lancé en 2018, couvrira la période 2022-2026 et reposera sur plusieurs piliers.
Le premier d’entre eux consistera avant tout à identifier les lacunes existantes dans les infrastructures actuelles. Dans ce sens, l’accent devrait être mis sur une révision des exigences pour la chaîne d’approvisionnement en carburant afin de soutenir les mouvements militaires à « grande échelle et à court préavis ». À ce titre, une étude devrait être menée en 2023 afin d’analyser les possibilités de mouvements de ce type, dans le but d’améliorer la planification des infrastructures à long terme et leur utilisation optimale.
En outre, la Commission entend « maximiser les synergies » avec le secteur des transports civils pour améliorer la mobilité militaire par voies aérienne et maritime. Dans ce sens, la Commission souhaite augmenter les investissements dans les infrastructures de transport à double usage - civil et militaire - le long du réseau transeuropéen de transports (RTE-T) (EUROPE 13048/17). Des mesures seront prises pour identifier les principaux corridors et les nœuds logistiques stratégiques le long du RTE-T.
Le texte prévoit aussi la numérisation des processus administratifs en matière de logistique douanière et de systèmes de mobilité militaire. Concrètement, il s’agira notamment de développer un système numérique pour l'échange « rapide et sécurisé » d'informations liées à la mobilité militaire par le biais d'un financement à hauteur de 9 millions d’euros au titre du Fonds européen de défense. Le nombre d'exercices pour tester les améliorations et identifier les obstacles subsistants devrait être revu à la hausse.
À une échelle plus large, le texte vise à renforcer la coopération avec l’OTAN et les autres partenaires stratégiques de l’UE, tout en facilitant le dialogue avec les pays candidats à l'élargissement, comme l'Ukraine, la Moldavie et ceux des Balkans occidentaux. Par ailleurs, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a annoncé que le Royaume-Uni allait rejoindre le projet de la coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais) portant sur la mobilité militaire et que la demande de la Turquie de prendre part, elle aussi, à ce projet « avançait ».
Alors que les différents volets du paquet 'Fit For 55' (EUROPE 13060/6) sont au cœur des travaux actuellement menés au sein des institutions européennes, le plan d’action pour la mobilité militaire prévoit enfin d’améliorer l'efficacité énergétique et la résilience climatique des systèmes de transport.
Le plan d’action sera financé par des instruments tels que le 'Mécanisme pour l'interconnexion en Europe', qui finance des projets d'infrastructures de transport à double usage, et le Fonds européen de défense, qui soutient le développement de systèmes logistiques et numériques interopérables.
Voir le document : https://aeur.eu/f/408 (Camille-Cerise Gessant & Thomas Mangin)