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Bulletin Quotidien Europe N° 13038
SOMMET DE PRAGUE / Ukraine

Les Européens réaffirment leur soutien à l’Ukraine

Les dirigeants des États membres de l’Union européenne ont réaffirmé, vendredi 7 octobre, leur soutien à l’Ukraine, lors de leur réunion informelle à Prague.

« Nous sommes déterminés à mobiliser tous les outils nécessaires : soutiens financier, militaire, humanitaire et politique », a souligné le président du Conseil européen, Charles Michel. Le Président lituanien, Gitanas Nauseda, a prévenu de son côté que l’Ukraine avait « besoin de (notre) soutien non pas demain, mais aujourd’hui, tout de suite ».

Selon le président français, Emmanuel Macron, « il y a très clairement une volonté réaffirmée d’accompagner l’Ukraine dans ce moment de la guerre, par notre soutien budgétaire, par la préparation de la reconstruction, par notre soutien militaire ».

Renforcer le soutien militaire

« Il importe que les Ukrainiens soient en capacité de se défendre eux-mêmes. Dans cette nouvelle phase de guerre, plus dangereuse, ce sont d’armes lourdes dont ils ont besoin pour parvenir à faire reculer l’armée russe », a ainsi souligné la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, devant les dirigeants européens.

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait annoncé, à son arrivée à la réunion, qu’il allait proposer aux dirigeants européens une nouvelle aide militaire à l’Ukraine via la Facilité européenne pour la Paix. L’Ukraine bénéficie déjà de plus de 2,5 milliards d’euros au titre de cette Facilité.

M. Borrell a espéré qu’une proposition sur cette tranche sera sur la table du Conseil 'Affaires étrangères' du lundi 17 octobre, tout comme celle sur la mission de formation de l’armée ukrainienne (EUROPE 13029/19). Selon le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, il y a un consensus entre les dirigeants sur la formation des soldats ukrainiens.

M. Macron a également annoncé que Français et Danois travaillaient sur la livraison additionnelle de camions d’artillerie Caesar. Il a en outre annoncé la création, au niveau français, d’un fonds spécial doté initialement de 100 millions d’euros, « qui permettra, en cas de besoin, à l’Ukraine d’acheter directement auprès de nos industriels les matériels dont elle a le plus besoin ».

Dans son discours aux dirigeants européens, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, par visioconférence, a demandé une hausse de la coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense. Il faut, selon lui, « augmenter l'approvisionnement en armes et en munitions pour se défendre contre la pression russe, augmenter la fabrication d'armes et de munitions en Europe pour être toujours prêts à défendre notre espace commun ».

Financement à long terme de l’Ukraine

Les dirigeants européens ont également discuté du soutien macroéconomique à l’Ukraine. L'occasion pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'annoncer le déblocage, « dans les prochains jours », d'une tranche de 2 milliards d’euros au titre de l’assistance macrofinancière de l'UE (EUROPE 13035/36).

« Nous ne devrons pas nous contenter d'envisager l'aide immédiate - avec un soutien financier - mais aussi le moyen terme, la reconstruction », a-t-elle souligné. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a estimé qu’en termes de soutien financier, l’Ukraine était couverte « jusqu’à la fin de l’année, à peu près ». « On va continuer à soutenir les prochaines années », a-t-il promis. 

Selon Mme von der Leyen, « ce qui est d'ores et déjà clair, c'est que nous devrons identifier de nouvelles sources de financement, car un montant considérable sera nécessaire ». Il faudra mettre en place une approche très structurée pour assurer la prévisibilité et la durabilité du financement et la transparence sur la manière dont il sera effectué, a-t-elle expliqué.

L’Allemagne accueillera, mardi 25 octobre à Berlin, une conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, qui a pour objectif, selon M. Scholz, de développer des instruments d'aide, pas forcément financiers.

Menace nucléaire prise « très au sérieux »

Interrogés sur un risque d’attaque nucléaire russe et alors que le président américain, Joe Biden, a mis en garde contre une « apocalypse nucléaire », M. Michel et Mme von der Leyen ont assuré « prendre la menace très au sérieux ». « Il y a eu, à plusieurs reprises, des menaces implicites ou explicites, et une autre menace liée à l’occupation de la centrale nucléaire » de Zaporijia « pour en faire une base militaire », a rappelé le président du Conseil européen.

« Il est important de répondre clairement aux menaces atomiques. La réponse doit être que c'est dangereux pour le monde. Et l'usage de l'arme atomique est inacceptable », a ajouté le chancelier allemand. Le président français, quant à lui, s’est montré très prudent, s’étant « toujours refusé à faire de la politique-fiction ». « Nous sommes une puissance dotée (de l’arme nucléaire, NDLR). La doctrine, qui est claire en la matière, est qu’il nous faut tous avoir beaucoup de prudence », a-t-il rappelé. (Camille-Cerise Gessant avec Damien Genicot et Léa Marchal)

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