login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12988
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Acp

Les eurodéputés indignés que l’UE n’ait toujours pas signé l’Accord post-Cotonou

« Franchement honteux », « inacceptable », « absolument scandaleux ». Des députés européens n’ont pas eu de mots assez durs, mercredi 6 juillet à Strasbourg, pour fustiger le fait que l’Accord post-Cotonou entre l’UE et les 79 pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), paraphé en avril 2021 (EUROPE 12699/2), ne soit toujours pas signé par l’UE et mis en application, du fait d’un seul État membre.

Les interventions des députés qui ont pris la parole ont rencontré les préoccupations de la Commission européenne et de la Présidence tchèque du Conseil de l’UE – surtout à l’heure où de multiples crises nécessiteraient d’affronter ensemble des défis communs.

La signature de cet accord de partenariat renouvelé, assorti de trois partenariats régionaux sur mesure, est toujours bloquée par une réserve de la Hongrie concernant la migration (EUROPE 12859/26, 12824/8).

Pour Tomas Tobé (PPE suédois) la décision de prolonger l’Accord de Cotonou jusqu’en juin 2023 (troisième report d’un an) au lieu de signer le partenariat renouvelé avec l’organisation des États ACP (OEACP) « est très décevante », compte tenu du potentiel de l’Accord modernisé pour la lutte contre le changement climatique, pour la migration, la paix et la sécurité. « Je demande au Conseil de surmonter le problème », a-t-il déclaré.

« Cet accord entre 106 pays sur 3 continents aurait dû être signé depuis longtemps », a souligné Carlos Zorrinho (S&D portugais), jugeant ce retard « vraiment dommageable » en ce qu’il prive l’UE de faire de la géopolitique dans un monde qui a changé.

Hannes Heide (S&D, allemand) a déploré que ce retard « engendre une perte de confiance massive et nuit à l’UE », au bénéfice de l’influence de la Russie et de la Chine.

« M. Orbán ne peut prendre l’UE en otage. Nos partenaires comptent sur nous » en cette période de tension, de guerre d’urgence climatique et de pénuries, a lancé Marie-Pierre Vedrenne (Renew Europe, française), soulignant que le Parlement doit pouvoir ratifier (donner son consentement à) l’Accord post-Cotonou.

Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise) a vanté les vertus du partenariat « pour le développement durable et les droits humains » à un bémol près, selon elle : la clause de réadmission des migrants illégaux, qui permet à l’UE de suspendre la coopération avec un pays ACP qui refuserait cette réadmission.

Au nom de la Présidence du Conseil de l’UE, le ministre tchèque des Affaires européennes, Mikuláš Bek, a estimé que, « dans un monde qui a changé et compte tenu des nombreux défis à relever, y compris la guerre dans notre voisinage, qui a un impact direct sur l’Europe et concerne aussi les pays ACP, l’importance de ces partenariats ne fait que croître ».

Il a indiqué que le Conseil était ouvert pour trouver une solution. « Il faut signer pour renforcer les relations. La Présidence tchèque en fera une priorité », a-t-il assuré, considérant que « la mise en œuvre de l’Accord post-Cotonou permettra de mieux travailler main dans la main avec nos partenaires ».

Au nom de la Commission européenne, le commissaire à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, pour sa part, s’est félicité de ce que la Commission et le Parlement « partagent le même sens de l’urgence ». Soulignant que c’est au Conseil d’agir, il a dit espérer une signature rapide pour pouvoir mettre en œuvre ce partenariat qui représente « une force internationale et un intérêt stratégique pour l’UE. » (Aminata Niang)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
Invasion Russe de l'Ukraine
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES