Une série de responsables politiques européens et d’eurodéputés ont salué, jeudi 7 juillet, l’annonce de la démission du Premier ministre britannique, Boris Johnson, contraint au départ après une série de scandales liés à la gestion de la Covid-19. Le dirigeant conservateur, qui a démissionné le même jour de la présidence des Tories, quittera son poste de Premier ministre dès qu’un successeur sera désigné, probablement à l’automne.
Si la Commission européenne s’est refusée à tout commentaire, indiquant toutefois que sa position sur la non-renégociation du protocole sur l’Irlande du Nord restait inchangée, le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a jugé, quant à lui, que les deux partenaires avaient « maintenant l’opportunité de revenir à un véritable esprit de partenariat et de respect mutuel », indispensables pour protéger « les gains de l’accord du Vendredi saint ».
« Nos responsabilités communes concernant la gestion de l'accord du Vendredi saint, ainsi que le développement de relations bilatérales plus larges entre nous, exigent que nous travaillions ensemble dans un esprit de respect, de confiance et de partenariat. C'est plus important que jamais aujourd'hui et je demande une fois de plus de renoncer à toute action unilatérale, qu'il s'agisse de gérer l'héritage du passé, les droits de l'homme ou le protocole sur l'Irlande du Nord », a ajouté le Taoiseach.
Pour Iratxe García (espagnole), qui dirige le groupe S&D au Parlement européen, « le mandat de Boris Johnson a porté les relations entre l'UE et le Royaume-Uni à un niveau historiquement bas. Sa démission, attendue depuis longtemps, doit marquer un tournant. Le Royaume-Uni mérite mieux que ce gouvernement conservateur ». « J'adresse un appel à son successeur : arrêtez de brûler les ponts avec nous, commencez à les construire », a-t-elle ajouté.
Michel Barnier l’ex-négociateur de la Commission pour la sortie ordonnée du Royaume-Uni, estime lui aussi que le départ de Boris Johnson va ouvrir « une nouvelle page » dans les relations entre l’UE et le Royaume-Uni, qu'il espère « plus constructive et respectueuse des engagements » pris. (Solenn Paulic)