Condamnant « le recul des droits des femmes (et) des droits sexuels et génésiques observé dans le monde entier, y compris aux États-Unis et dans certains États membres de l’Union européenne », le Parlement européen s'est prononcé en faveur de l'inclusion du droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux de l'UE, dans une résolution adoptée jeudi 7 juillet (324 voix pour, 155 contre et 38 abstentions) (EUROPE 12986/25).
D'après les députés, une proposition modifiant l’article 7 de la Charte devrait être soumise au Conseil de l'UE afin d’y ajouter que ‘toute personne a droit à un avortement sûr et légal’. Pour ce faire, le Conseil européen est, une nouvelle fois, invité à se prononcer sur l’opportunité de convoquer une Convention chargée de réviser les traités.
Issue d'un pays interdisant encore l'avortement, la présidente du PE, la Maltaise Roberta Metsola, connue pour ses positions anti-avortement, n'a pas participé au vote. Elle a toujours dit qu'au cours de son mandat de présidente, elle défendrait la position majoritaire du Parlement.
Fin juin, la Cour suprême des États-Unis a annulé la garantie nationale du droit à l'avortement, chaque État américain étant désormais libre de le restreindre, voire de l'interdire. À Malte, une touriste américaine a été évacuée d'urgence vers l'Espagne après avoir essuyé le refus d'une interruption volontaire de grossesse alors que sa vie était en danger. (Mathieu Bion)