Plusieurs eurodéputés ont demandé des explications à la Commission européenne, le 7 juillet, sur le transfert de données personnelles de migrants par l’agence Frontex à l’agence de coopération policière Europol, comme l'a révélé une enquête publiée par le Balkan Investigative Reporting Network (BIRN).
Selon BIRN, Frontex, alors encore dirigée par Fabrice Leggeri, aurait cherché fin 2021 à étendre un programme de collecte et de transfert de données avec Europol et à minimiser les obligations de respect de la protection des données personnelles, à savoir le programme PeDRA, un programme de traitement des données à caractère personnel pour l'analyse des risques lancé en 2016 après les attentats de novembre 2015 à Paris.
L’équipe dirigeante de l’époque aurait « proposé d'intensifier considérablement ce programme, en autorisant les garde-frontières de Frontex à collecter ce que certains experts juridiques ont appelé des données personnelles 'intrusives' sur les migrants et les demandeurs d'asile, y compris des données génétiques et l'orientation sexuelle », indique le site, afin de les « stocker, les analyser et les partager avec Europol et les agences de sécurité des États membres ».
Frontex comme Europol auraient ignoré les mises en garde de leurs propres gardiens de la protection des données, qui les avaient alertés sur des transferts de données potentiellement illégaux.
« Nous demandons à la Commission, Frontex et Europol d'expliquer en détail et de mettre fin à ce programme. La collecte de données sensibles met en danger les droits fondamentaux et devrait être assortie de garanties solides », a ainsi réagi sur Twitter l’élue belge Saskia Bricmont (Verts/ALE).
Contactée, la Commission n'avait pas encore réagi à l'heure de notre bouclage. (Solenn Paulic)