« Les retombées de l'invasion de l'Ukraine par la Russie continuent d'avoir un impact sur les marchés mondiaux des produits de base et de représenter une menace majeure pour la sécurité alimentaire mondiale », alerte la Commission européenne dans ses prévisions à court terme pour les marchés agricoles, publiées jeudi 7 juillet.
Les prix agricoles mondiaux ont augmenté de 30% depuis le début de l'invasion, bien qu'une certaine « détente ait été observée ces dernières semaines, liée en partie à l'arrivée de la prochaine récolte », signale la Commission.
Elle rappelle qu’avec le début de la nouvelle récolte céréalière en Ukraine et dans le reste de l'Europe, « l'incertitude demeure quant à la capacité des agriculteurs ukrainiens à stocker et à exporter correctement leur récolte de 2022 ». Des questions se posent aussi sur la capacité des agriculteurs ukrainiens à assurer leur récolte de 2023, même sur une superficie réduite.
S’agissant de l’UE, la Commission s’attend à une baisse de 2,5% de la production de céréales 2022 (à 286,4 millions de tonnes).
La dérogation visant à autoriser la production de toute culture destinée à l'alimentation humaine et animale sur des terres en jachère, accordée en mars par la Commission, a entraîné une augmentation des superficies ensemencées de protéagineux pour 2022/23. L'augmentation prévue des surfaces s'élève à 6% (2,2 millions d'hectares) pour les protéagineux en glissement annuel. Grâce à l'augmentation de la production, les exportations européennes de protéagineux devraient augmenter de 19% par rapport à l'année dernière. Les agriculteurs ont également utilisé cette dérogation pour planter du tournesol. Les superficies estimées de tournesol ont donc atteint 4,7 millions d'hectares, soit une augmentation de 7,8% en glissement annuel. Cette saison, la production européenne de graines de tournesol devrait atteindre un niveau record de 11,1 millions de tonnes (+7,8%).
Lien vers les perspectives à court terme : https://aeur.eu/f/2j2 (Lionel Changeur)