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Bulletin Quotidien Europe N° 12917
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Ukraine/russie

Invasion russe de l'Ukraine, le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne plus que jamais unis

À la veille d’un Conseil européen crucial pour consolider la réponse de l’UE face à l’invasion russe de l’Ukraine, le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne ont montré un front uni, mercredi 23 mars lors de la mini-session plénière du PE à Bruxelles.

L’écrasante majorité des parlementaires et les présidents de la Commission et du Conseil européen ont convergé pour renforcer l’autonomie énergétique de l’Union européenne, accueillir les réfugiés avec dignité, aider davantage l’Ukraine - certains eurodéputés citant sans ambages son adhésion à l'UE -, mais aussi la Moldavie et la Géorgie, avec toujours en toile de fond la poursuite de la double transition numérique et verte.

La condamnation de l’invasion russe a été une nouvelle fois unanime et beaucoup ont insisté sur la nécessité de traduire le président de la Fédération russe, Vladimir Poutine, et tous les responsables de la guerre, devant la Cour pénale internationale.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a récapitulé durant son intervention les grandes décisions du Sommet de Versailles, entre autres : - la réduction drastique de la dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie ; - le recours à la Facilité pour la paix à hauteur d'un milliard d’euros notamment (EUROPE 12909/1 et 12909/2).

M. Michel a souligné, par ailleurs, l’importance d’avancer rapidement sur le renforcement drastique du tissu industriel des semi-conducteurs, sans oublier l’écosystème de la santé et la question de la défense européenne en lien avec la « Boussole stratégique » .

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, dans une référence à un célèbre poème de Paul Eluard, a déclaré que, si la liberté devait avoir un nom, ce serait l’Ukraine.

À ses yeux, les effets des sanctions européennes sont déjà palpables : la monnaie russe, le rouble, dévisse, les agences de notations font des banques russes des « banques poubelles », les entrepreneurs fuient le pays.

Pour elle, l’objectif est là : faire de M. Poutine, l’ennemi du peuple russe. De même, elle a insisté sur la réduction de la dépendance énergétique européenne vis-à-vis de la Russie, citant l’initiative RepowerEU. Mme Ursula a salué l'action des États membres de l'UE en première ligne dans l'accueil des réfugiés.

Si M. Michel a souligné l’importance de l’industrie, Mme von der Leyen a mis en exergue le rôle du marché unique dans la résilience de l’UE.

La présidente a lancé un appel en direction de M. Poutine : laissez passer les navires en partance de l’Ukraine contenant le blé. Sans quoi, le président russe sera non seulement responsable des victimes de l'invasion russe, mais aussi des famines qu’il aura déclenchées au Liban, au Moyen-Orient et ailleurs, a-t-elle averti.

Aller plus loin dans la solidarité avec l’Ukraine et dans les sanctions contre la Russie

Du côté des parlementaires et, notamment, des présidents de groupes politiques, le ton était de la même teneur.

Beaucoup ont toutefois demandé davantage. Manfred Weber, président du groupe PPE, citant l’effort des collectivités territoriales en Pologne, a plaidé pour qu’il y ait encore davantage de moyens financiers disponibles.

« Nous devrons à cet égard procéder à d'autres redéploiements. (...) Nous devrons également parler de mécanismes de solidarité contraignants, de mécanismes de répartition en Europe afin que tous apportent leur contribution », a-t-il déclaré. Le président du PPE a plaidé par ailleurs pour accorder à l’Ukraine le statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE.

L'Allemand a lancé un appel pour que l’UE arrête de financer la guerre de la Russie en cessant notamment d’importer du pétrole et du charbon russes.

Enfin, le président du PPE a exprimé son souhait de renforcer les relations commerciales avec le Canada, appelant de ses vœux un « CETA plus ».

Il a terminé son intervention sur le positionnement européen vis-à-vis de la Chine. « J'espère que l'Europe aura l'unité, la force de dire aussi à la Chine que nous ne tolèrerons pas qu'elle choisisse le mauvais côté ».

Iratxe García Pérez, la présidente du groupe S&D, a appelé à déconnecter la Russie du marché des cryptomonnaies. La fiscalité doit jouer un rôle, selon elle, pour lisser le coût de la flambée des prix de l’énergie pour protéger les populations les plus vulnérables. Elle a suggéré de créer un mécanisme de protection pour les enfants ukrainiens. À ses yeux, la crise des réfugiés constitue un signal pour revoir en profondeur le pacte ‘Asile et Migration’.

Stéphane Séjourné, président du groupe Renew Europe, a repris les thèmes prioritaires de la Présidence française du Conseil de l’UE, en citant « l'Europe puissance » et l'importance de garantir la souveraineté énergétique et alimentaire à l’UE. Sur le volet de la défense, il a salué les récentes avancées tout en estimant qu’un bataillon de 5 000 soldats de l’UE, « ça ne suffit pas » !

La coprésidente des Verts/ALE, Ska Keller, a structuré toute son intervention sur l’accueil des réfugiés en se félicitant de l’élan général des États membres et citoyens européens.

Le président du groupe Identité et Démocratie, Marco Zanni, s’est montré perplexe face à la carte mondiale qu'a révélée le vote à l’ONU sur la résolution condamnant l’action russe. Celle-ci n’a pas été soutenue par des États qui représentent à eux seuls la moitié de l’humanité. Cette cartographie doit guider le Conseil européen pour développer une stratégie de l’UE sur 20 ans, selon lui.

Raffaele Fitto, le président du groupe CRE, a souhaité que le Conseil européen aille plus loin pour contrer la guerre, aider l’Ukraine, les pays limitrophes et les États membres qui accueillent les réfugiés. À ses yeux, la Boussole stratégique doit être au centre des politiques extérieures de l’UE. Il a mis en garde contre un retour aux anciennes règles de gouvernance économique. Le faire serait une « grave erreur », a-t-il affirmé. 

Dimitrios Papadimoulis, au nom du groupe de La Gauche, a également mis en garde face à un retour à l’orthodoxie budgétaire qui casserait la reprise économique de l'UE au sortir de la pandémie de Covid-19. (Pascal Hansens)

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