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Bulletin Quotidien Europe N° 12917
Invasion Russe de l'Ukraine / Agriculture

L'UE doit « contribuer à combler le déficit de production pour faire face à la pénurie mondiale de blé » et d'autres produits, martèle Valdis Dombrovskis

La Commission européenne a présenté, mercredi 23 mars, un large éventail d'actions à court et à moyen terme afin d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale et de soutenir les agriculteurs et les consommateurs au sein de l'Union face à la hausse des prix des denrées alimentaires et des coûts des intrants tels que l'énergie et les engrais (EUROPE 12915/3).

L'UE doit augmenter ses capacités de production agricole tout en poursuivant les objectifs notamment de la stratégie ‘de la ferme à la table’, ont assuré les représentants de la Commission européenne, mercredi.

La Commission a adopté la communication intitulée ‘Préserver la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des systèmes alimentaires’ et a décidé de reporter à plus tard l’adoption du paquet sur ‘la protection de la nature’. « Notre travail sur la durabilité reste inchangé malgré les mesures d'aujourd'hui », a assuré une porte-parole de la Commission. 

Le vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déclaré devant la presse que c’était, « plus que jamais, le moment de montrer notre solidarité » envers l’Ukraine.

C'est pourquoi « nous avons proposé » un programme d'aide d'urgence de l'UE pour l'Ukraine (330 millions d'euros de subventions) « afin d'atténuer les souffrances des Ukrainiens en leur garantissant l'accès aux biens et services de base, y compris la nourriture », a-t-il rappelé.

« La Russie semble délibérément cibler et détruire les stocks de nourriture et les lieux de stockage de l'Ukraine », a confirmé Valdis Dombrovskis.

L'agression de la Russie se traduit par une rupture d'approvisionnement qui affecte le monde entier, en particulier les pays à faible revenu, qui doivent payer plus cher leurs importations de produits alimentaires de base.

« D'un point de vue géostratégique, l'UE devrait contribuer à combler le déficit de production pour faire face à la pénurie mondiale de blé attendue. Mais il ne s'agit pas seulement du blé. Il en va de même pour le maïs, l'orge, l'huile de tournesol et les intrants agricoles essentiels tels que les engrais et les aliments pour animaux », a expliqué le vice-président.

Sécurité alimentaire mondiale. La Commission annonce vouloir intensifier l'aide humanitaire aux pays importateurs de denrées alimentaires à faible revenu ainsi qu'aux autres pays touchés par le conflit. « Nous nous opposerons fermement aux restrictions et interdictions d'exportation de denrées alimentaires, y compris dans les enceintes internationales telles que l'Organisation mondiale du commerce », a ajouté Valdis Dombrovskis. Cette crise représente une menace grave pour de nombreux pays, en particulier pour les pays importateurs de blé dans des régions telles que l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Si des limites devaient être imposées aux exportations, les prix mondiaux augmenteraient encore.

En Ukraine, le blé a été planté, mais il va falloir semer le maïs et le tournesol. « Nous ne savons pas si cela sera possible, car il y a des problèmes d’approvisionnement en engrais ou en semences. Il y a une menace pour la sécurité alimentaire de l’Ukraine », a confié une source européenne.

Quels sont les besoins des agriculteurs ukrainiens ? Ils ont besoin de carburant, de semences, de produits phytosanitaires et de main d’œuvre. « L’Ukraine ne veut pas interrompre sa production » et souhaite continuer à avoir accès aux marchés européens, a expliqué une source. Des sites de production d’engrais et de semences existent en Ukraine et essayent de fournir les agriculteurs.

Le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, est en contact avec les autorités polonaises pour faire parvenir le carburant aux agriculteurs ukrainiens, même s’il s’agit d’un véritable « défi » pour l’acheminer.

Les importations de denrées alimentaires en provenance de l'Ukraine sont très importantes pour l'UE : 52% du maïs est importé d'Ukraine, 23% des oléagineux. « Cela  montre donc l'importance de la production agricole de l'Ukraine pour l'Union européenne », a dit le commissaire à l'Agriculture.

Parmi les autres initiatives prévues dans la communication figurent : - l’engagement connu de l’Union et des États membres à poursuivre la lutte contre la malnutrition par un soutien de 4,3 milliards d'euros, dont au moins 2,5 milliards d'euros proviennent de la coopération au développement de l'UE dans le cadre d'un objectif nutritionnel au cours de la période 2021-2024 ; - la possibilité pour les États membres d’appliquer des taux réduits de taxe sur la valeur ajoutée et de mobiliser des fonds de l'Union comme le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD).

Lien vers la communication (en français): https://aeur.eu/f/wh  (Lionel Changeur)

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