Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, mercredi 23 mars, que les dirigeants des pays alliés, réunis en sommet ce jeudi à Bruxelles, devraient convenir de renforcer la position de l'OTAN dans tous les domaines.
Pour cela, l’OTAN entend augmenter fortement ses forces dans sa partie orientale, sur terre, dans les airs et en mer. « La première étape est le déploiement de quatre nouveaux groupements tactiques de l'OTAN, en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie », a annoncé M. Stoltenberg devant les médias. L’OTAN a déjà quatre groupements tactiques multinationaux (battle groups) sur son flanc est : dans les pays baltes et en Pologne.
Le secrétaire général a rappelé que des centaines de milliers de soldats alliés étaient en état de préparation renforcée dans toute l'Alliance, soutenus par une importante puissance aérienne et navale, dont cinq groupes d'attaque de porte-avions dans le Grand Nord et en Méditerranée.
Au-delà d’une réponse immédiate, les dirigeants pourraient discuter de la réinitialisation de la dissuasion et de la défense de l'Alliance sur le long terme, et, comme l’ont fait leurs ministres de la Défense mercredi 16 mars (EUROPE 12912/1), demander aux commandants militaires de l'OTAN d'élaborer des options pour le sommet de Madrid en juin.
Renforcer le soutien à l’Ukraine
Les chefs d’État ou de gouvernement des pays alliés devraient aussi discuter plus directement de la guerre en Ukraine. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’adressera à eux par visioconférence. « Les Alliés sont unis pour soutenir le courageux peuple ukrainien et contre la cruauté du Kremlin », a prévenu une nouvelle fois M. Stoltenberg.
Si les Alliés ont déjà fourni du matériel militaire à l’Ukraine, dont des systèmes antichars, antiaériens, des drones des armes et des munitions ou encore du carburant, ils pourraient décider d’aller plus loin. Selon le secrétaire général, les Alliés pourraient s’accorder sur une assistance en matière de cybersécurité et d'équipements pour aider l'Ukraine à se protéger contre les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.
M. Stoltenberg a rappelé ses inquiétudes concernant de possibles attaques chimiques par la Russie. « Toute utilisation de ces produits changerait la nature du conflit et aurait des conséquences d’une portée considérable », a-t-il prévenu.
Le secrétaire général a précisé qu’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN n’était pas à l’agenda du sommet.
Par ailleurs, il a précisé s’attendre à ce que la question du rôle de la Chine concernant l’invasion russe soit discutée. Pékin s’est abstenu dans les votes condamnant l’invasion russe aux Nations Unies. « La Chine a apporté un soutien politique à la Russie, notamment en diffusant des mensonges flagrants et de la désinformation. Et les Alliés craignent que la Chine fournisse un soutien matériel à l'invasion russe », a souligné M. Stoltenberg, pour qui les Alliés vont appeler Pékin à assumer ses responsabilités en tant que membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, à s'abstenir de soutenir l'effort de guerre de la Russie et à se joindre au reste du monde pour demander une fin immédiate et pacifique à cette guerre.
Enfin, les dirigeants pourraient convenir de renforcer le soutien adapté à d'autres partenaires menacés par la pression russe, notamment la Géorgie et la Bosnie-Herzégovine. « En travaillant ensemble, avec l'Union européenne, nous devons les aider à défendre leur souveraineté et leur droit de prendre des décisions indépendantes », a expliqué M Stoltenberg.
Sommet du G7
Après le sommet des Alliés, les bâtiments de l’OTAN accueilleront une réunion des dirigeants des pays du G7, où, là encore, la situation en Ukraine sera discutée. Les dirigeants pourraient rappeler leur solidarité à l’égard de Kiev, notamment en termes d’assistance militaire, mais aussi humanitaire et politique. Ils pourraient aussi se pencher sur l’efficacité des sanctions déjà adoptées, sur l’accueil des réfugiés et sur le risque de crise alimentaire. (Camille-Cerise Gessant)