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Bulletin Quotidien Europe N° 12902
Invasion Russe de l'Ukraine / SantÉ

L'OMS veut des corridors sécurisés pour distribuer de l'aide en Ukraine et enjoint au Kremlin de respecter le droit international humanitaire

Les experts de l’Organisation mondiale de la Santé ont qualifié l’invasion de l’Ukraine de crise de portée régionale, mercredi 2 février, depuis Genève, lors d'une conférence de presse sur l’Ukraine, la Covid-19 et d’autres problématiques de santé.

Une crise qui nécessite de porter assistance aux Ukrainiens à l’intérieur du pays, aux personnes déplacées et aux pays de destination des réfugiés.

Un premier convoi avec 36 tonnes de fournitures médicales devrait arriver le 3 février à Kiev, cette aide étant acheminée depuis notamment le centre d’approvisionnement de Dubaï. L’accès à l’Ukraine est encore possible, notamment via la Pologne, mais il se restreint.

Certains produits ont été prépositionnés et des accords logistiques ont été conclus sur place. Le représentant de l'OMS en Ukraine, Jarno Habicht, signale que son organisation travaille main dans la main avec le gouvernement ukrainien. Cependant, l'OMS s’inquiète de la distribution de ces fournitures là où les besoins se font sentir.

Elle souhaite des corridors sécurisés pour l’acheminement de l’aide et des cessez-le-feu pour procéder à sa distribution. 

L’organisation déplore les attaques contre des soignants et des infrastructures de santé. Elle appelle le Kremlin à respecter le droit international humanitaire. 

L’OMS adaptera le contenu de ses acheminements, mais souligne la difficulté d’obtenir une évaluation fine des besoins sur place. Les hôpitaux ukrainiens présentent des besoins urgents en oxygène. Ils sont d’autant plus accrus que des usines sur place ont fermé. Des médicaments manquent contre le diabète et le cancer. Les combats s’intensifiant, des kits destinés aux opérations chirurgicales s'avèrent de plus en plus nécessaires. Les risques de pénuries dans les hôpitaux concernent par ailleurs l’électricité. 

L’organisation a réitéré ses appels à contribution pour financer cette assistance. 

L’invasion russe vient s’ajouter à l’épidémie de Covid-19. Un pic avait été dépassé en février, mais les capacités de tests ont à présent été touchées. L’OMS craint les conséquences d'une transmission accrue et non détectée du virus, combinée à la faible couverture vaccinale (20% de la population, 65% à Kiev). L’OMS plaide pour la vaccination, en priorité des personnes vulnérables et du personnel de santé.

D’autres maladies comme la rougeole ou la rubéole inquiètent l’OMS en raison de l’interruption des services de santé.

L’organisation avait mis en place avec le ministre de la Santé ukrainien et ses partenaires en Ukraine des infrastructures pour faire face aux épidémies. Elle travaille à mettre en place un système de surveillance. 

Les mouvements de populations vont exacerber le risque de transmission des maladies contagieuses et accroître la pression sur les systèmes de santé voisins. 

L’OMS se dit prête à assister les pays limitrophes de l’Ukraine dans l'assistance médicale aux réfugiés. Ceci inclut la prise en charge de la santé mentale, du VIH, de la tuberculose ou encore du cancer.

L’OMS n’a pas encore eu l’occasion d’échanger avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky ni avec le président russe Vladimir Poutine, mais souhaite y parvenir.

L’organisation a souligné qu’elle n’avait pas de vocation politique, mais appelait le gouvernement russe à corriger sa position. (Émilie Vanderhulst)

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