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Bulletin Quotidien Europe N° 12892
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ACTION EXTÉRIEURE / Afrique

Forte participation des chefs d'État africains attendue au sommet UE/UA pour renforcer le partenariat stratégique pour la prospérité partagée

Pas moins de 80 délégations européennes et africaines sont attendues au sixième sommet entre l'Union européenne et l'Union africaine, qui se tiendra en présence physique à Bruxelles, ces jeudi 17 et vendredi 18 février, pour renforcer le partenariat stratégique entre l'Europe et l'Afrique afin qu'il soit porteur de prospérité partagée et de réponses en commun aux défis mondiaux d'aujourd'hui.

'Prospérité, sécurité, mobilité' sont les mots d'ordre du sommet UE/UA qui a nécessité d'intenses préparatifs menés, du côté européen, par le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président en exercice du Conseil de l'UE, Emmanuel Macron, et, du côté africain, par le président sénégalais qui préside l'Union africaine, Macky Sall, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.

Hormis quelques défections, la très grande majorité des chefs d'État ou de gouvernement - à l'exclusion des quatre pays qui n'ont pas été invités, car suspendus par l'Union africaine (Mali, Burkina Faso, Soudan, Guinée Conakry) - ont confirmé leur venue, comme les chefs d'État ou de gouvernement des Vingt-sept États membres de l'UE. La liste définitive des participants tout comme le projet de déclaration politique conjointe devaient encore être finalisés à l'heure où d'intenses négociations se poursuivaient, mercredi après-midi (EUROPE 12891/10).

« Près de cinquante chefs d'État africains, c'est une réponse énorme en termes de participation. À Addis-Abeba [au sommet de l'Union africaine des 5 et 6 février : NDLR] ils n'étaient que trente », soulignait mercredi un haut fonctionnaire européen. Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, ne sera pas présent pour des raisons internes, a indiqué une source de l'Élysée.

Ce sommet très attendu - qui devait avoir lieu fin 2020, mais qui avait été reporté, Covid-19 oblige - débutera jeudi après-midi à 14h45 par une cérémonie d'ouverture, suivie de tables rondes thématiques interactives à huis clos, auxquelles les chefs d'État participeront. Il devrait se conclure par l'adoption d'une déclaration politique conjointe. 

Celle-ci établira une vision partagée pour l'horizon 2030 en faveur d'un partenariat renouvelé unique en son genre, dans un très large éventail de domaines et se fondant sur des principes communs tels que le respect mutuel, la souveraineté, la transparence et le multilatéralisme. 

Elle mettra l'accent sur la prospérité par des projets transformateurs, tels que la transition verte pour le climat et la transition numérique, et confirmera la mobilisation d'un paquet d'investissement d'au moins 150 milliards d'euros pour le programme Afrique-Europe jusqu'en 2027 au titre de l'initiative 'Global Gateway' afin de financer de grands projets d'infrastructures stratégiques, mais aussi pour la santé, la jeunesse et l'éducation (EUROPE 12891/10, 12888/1).

La moitié des fonds de 'Global Gateway' (300 milliards d'euros) sont pour l'Afrique, soulignait mercredi un haut fonctionnaire européen. Ce serait une combinaison de fonds du budget pluriannuel de l'UE, de garanties et de fonds privés qui permettrait d'avoir un effet de levier.

Initiatives phares. Européens et Africains devraient discuter des initiatives emblématiques qui pourraient se concrétiser dans les années qui viennent grâce au paquet d'investissements. Du côté africain, l'UA et ses membres préféreraient pouvoir continuer à travailler sur ce point après le sommet. Ces projets concrets emblématiques, dont la liste devra être établie, pourraient concerner l'énergie, la biodiversité, des systèmes agroalimentaires durables, les transports, l'intégration économique, la finance durable, la connectivité entre les deux continents, la production de médicaments, l'entrepreneuriat des jeunes, selon une source européenne, à titre indicatif.

« C'est un inventaire de ce qui sera fait ou pourra l'être dans les sept années (jusqu'en en 2027 : NDLR), mais pas un engagement à le faire. Cette annexe pourra être conclue après négociation après le sommet. Ce ne serait pas la première fois qu'on conclut après les négociations sur certains points », a souligné une source diplomatique.

7 tables rondes, réparties entre jeudi après-midi et vendredi matin, concerneront : - le financement de la croissance ; - la santé et la production vaccinale ; - la transition énergétique, la transition numérique et le transport ; - l'agriculture et le développement durable ; - l'éducation, la formation professionnelle, la mobilité et les migrations ; - l'appui au secteur privé et intégration économique ; - la paix, la sécurité et la gouvernance. Elles dureront chacune deux heures et réuniront environ une vingtaine de chefs d'État pour discuter des thèmes qui les intéressent le plus.

Emmanuel Macron, par exemple, coprésidera la table ronde sur le secteur privé et l'intégration économique et le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, celle sur l'éducation.

En matière de santé et de vaccins, il s'agira de faire le point sur les efforts consentis jusqu'ici et l'objectif européen de livrer 450 millions de doses d'ici l'été pour l'Afrique via la facilité Covax, mais surtout de remédier aux problèmes de déploiement de la vaccination dans un continent où 11% de la population a bénéficié d'une injection, ont souligné plusieurs sources diplomatiques européennes.

À court et à moyen termes, il s'agira de « renforcer la production locale et les systèmes de santé africains pour faire face aux prochaines pandémies », soulignait mercredi un haut fonctionnaire européen.

Un milliard d'euros a déjà été annoncé en mai 2021 par la Commission européenne pour soutenir la capacité de production de vaccins à ARN-m de BioNTech dans le continent, à commencer par le Rwanda, le Sénégal (EUROPE 12887/14) et bientôt le Ghana.

En matière de financement de la croissance, Européens et Africains poursuivront ce qui a été lancé au sommet de Paris sur le financement des économies africaines, en faisant le point sur la dette et sur la réallocation de droits de tirage spéciaux du FMI en faveur des pays africains.

Paix et sécurité. Selon une source européenne, les Européens vont mener une réflexion sur le type de missions qu’ils veulent mettre en place. L’UE a actuellement 11 missions et opérations de PSDC en Afrique, sur mer comme sur terre. La présence de plus en plus importante de mercenaires du groupe Wagner pourrait être abordée. 

Cette table ronde pourrait être l’occasion de faire un point sur les annonces attendues jeudi matin du président français concernant les missions au Sahel Takuba et Barkhane. En effet, en amont du sommet, mercredi 16 février, Emmanuel Macron a réuni à Paris plusieurs dirigeants africains et européens - dont les présidents du Conseil européen, de la Commission et le Haut Représentant de l’UE - pour discuter de la présence militaire au Sahel.

Selon une source diplomatique, « il y a une convergence (des partenaires) pour un retrait », ajoutant qu’il y avait un consensus sur le fait qu’il n’est plus possible d’opérer efficacement contre le terrorisme. « On veut réduire notre empreinte militaire et nous redéployer », a-t-elle ajouté

Commerce. Le sommet sera l'occasion d'aborder les relations commerciales de l'UE avec l'Afrique. Les Européens estiment que, plus les partenaires africains vont vers une pleine zone de libre-échange sur leur continent (ZLECA), mieux ce sera pour faciliter les échanges. Ils devraient rappeler leur plein soutien aux travaux sur la ZLECA.

La Commission européenne compte également renforcer les 14 accords de partenariat économique (APE) avec les pays africains, tel que mis en avant dans la révision de sa politique commerciale en février 2021 (EUROPE 12660/4). La hausse des flux commerciaux en Afrique ne peut que favoriser son industrialisation et sa prospérité, a considéré une source européenne. Les États membres s'accordent sur cette vision. Ils souhaitent également mettre l'accent sur la durabilité des échanges avec des travaux à venir sur les règles d'origine, par exemple.

Brevets sur les vaccins. Le sujet des brevets sur les vaccins contre la Covid-19 devrait soulever des débats entre l'UE et l'UA. D'après une source, l'Union africaine a proposé, il y a quelques jours, d'inclure la demande de levée des droits de propriété intellectuelle (TRIPS waiver) sur les vaccins contre la Covid-19 (EUROPE 12889/6). 

Les 27 États membres de l'UE, de leur côté, ont répété leur position lundi, lors de la réunion informelle des ministres du Commerce : ils sont contre une levée complète des brevets (EUROPE 12890/3). 

Une source européenne a toutefois indiqué, mercredi 16 février, que l'UE était prête à éventuellement élargir sa proposition de juin 2021, qui consiste à faciliter l'accès aux licences obligatoires. Ceci permet aux gouvernements d'octroyer aux entreprises une autorisation de produire les vaccins sans en détenir le brevet.

Mobilité/ Migration. La question des migrations sera abordée sous l'angle de la migration sûre et régulière en tant qu'opportunité, tout en abordant la nécessité de combattre les réseaux de passeurs, rappelait un haut fonctionnaire à la veille du sommet. 

« Ce sera une perspective différente. Au sommet d'Abidjan, nous avions travaillé sur la dimension externe des migrations et les partenariats en matière de migration. C'est pourquoi, ce sera une question moins importante qu'à Abidjan », assurait, quant à elle, une source diplomatique.

Le sommet UE/UA d'Abidjan, en 2017, avait en effet adopté une déclaration conjointe sur la migration consignant l’engagement à lutter contre les causes des départs des jeunes Africains cherchant à rejoindre l’Europe (EUROPE 11916/12). (Aminata Niang, avec Camille-Cerise Gessant, Léa Marchal et Pascal Hansens)

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