Les eurodéputés ont décidé de lever l'immunité de deux élus et d'un de leurs anciens collègues, lundi 14 février. En revanche, ils ont voté (418 voix pour, 264 contre et 11 abstentions) pour ne pas lever l'immunité de la députée Elena Yoncheva (S&D, bulgare).
Cette dernière est accusée de détournement de fonds en Bulgarie, des faits remontant à 2010. Or, la procédure d'infraction n'a été ouverte qu'en 2018. Les députés soupçonnent l'existence d'un cas de « fumus persecutionis », c'est à dire d'une tentative de nuire à l'intéressée pour son activité politique. Ils considèrent également qu'il faut prendre en compte le fait qu'elle a dénoncé, à travers son activité de journaliste passée et dans son mandat d'eurodéputée, la corruption à haut niveau dans son pays.
Mario Borghezio (ancien membre, italien)
Cet ancien élu est poursuivi par le Parquet italien pour une altercation avec un agent d'une compagnie ferroviaire. Considérant qu'il n'est plus membre du PE et que l'objet de son accusation n'a rien à voir avec son activité au PE, les députés ont décidé (par 620 voix contre 71 et 4 abstentions) de ne « pas défendre les privilèges et immunités » de Mario Borghezio.
Jörg Meuthen (non inscrit, allemand)
L'élu est accusé, en Allemagne, d'avoir fourni des données inexactes concernant des prestations qu'il aurait reçues pour sa campagne en tant que candidat du parti 'Alternative pour l'Allemagne' (Afd) aux élections régionales de 2016. Cette accusation ne concerne pas ses activités politiques au PE. Ses collègues ont aussi estimé qu'il ne s'agissait pas d'un cas de « fumus persecutionis ». Ils ont voté la levée de son immunité par 618 voix contre 41 et 36 abstentions.
Álvaro Amaro (PPE, portugais)
L'eurodéputé est accusé de détournement de fonds publics entre 2007 et 2013 au Portugal, une accusation qui ne concerne pas ses activités d'élu au PE. L'intéressé n'a pas objecté à sa levée d'immunité lors de son audition par ses collègues, qui ont donc voté cette levée par 684 voix contre 7 et 4 abstentions. (Léa Marchal)