La commissaire européenne à la Recherche et à l'Innovation, Mariya Gabriel, a dévoilé, mercredi 9 février, le programme de travail pour 2022 doté de 1,7 milliard d'euros du Conseil européen de l'innovation (CEI), initiative destinée à diversifier et concrétiser les innovations technologiques de rupture dans le cadre du programme-cadre Horizon Europe.
« Le programme de travail est une pierre de plus ajoutée à la construction du Conseil européen de l'innovation avec, toujours, cette ambition d'en faire une fabrique européenne de licornes », a déclaré Mme Gabriel. Notre défi, a-t-elle estimé, est de permettre aux licornes de traverser « la vallée de la mort », cette période où ces start-up technologiques peuvent mourir faute de financements suffisants leur permettant d'atteindre une masse critique.
Depuis la phase pilote du CEI dans le cadre du programme Horizon 2020, l'Europe a financé « plus de 5 000 entreprises et soutenu l'émergence de plus de 90 centaures et de 4 licornes » et elle concentre désormais 33% des investissements mondiaux dans les start-up, soit un niveau très proche de celui des États-Unis (35%), s'est félicitée la commissaire.
Mme Gabriel a listé les nouveautés du programme de travail 2022 : - l'initiative 'EIC scale-up 100' vise à identifier 100 start-up ayant le potentiel de devenir des licornes ; - l'accélérateur européen de l'innovation permettra aux entreprises travaillant sur des technologies d'intérêt européen (calcul quantique, intelligence artificielle...) de solliciter des investissements du CEI supérieurs à 15 millions d'euros.
D'autres initiatives seront menées pour contribuer à construire un écosystème paneuropéen de l'innovation. La commissaire a évoqué un soutien accru aux activités actuelles du CEI telles que l'outil d'évaluation de l'intelligence artificielle et le 'market place', espace virtuel qui stimule la coopération entre innovateurs européens. Objectif : développer des synergies avec les programmes nationaux et régionaux pour soutenir l'innovation dans toute l'UE.
Seront également renforcées les synergies avec 'start-up Europe' et l'Institut européen d'innovation et de la technologie (EIT) en ciblant les start-up ayant reçu un soutien du CEI.
« Nous avons besoin d'un plus grand nombre de femmes à la tête de sociétés dans le secteur de la technologie », a par ailleurs estimé Mme Gabriel, alors que l'investissement en capital-risque dans des sociétés fondées par des femmes a reculé de 2% en 2020 à 1,1% en 2021. L'initiative 'Women TechEU' sera dotée de 10 millions d'euros en 2022 (contre 2 millions en 2021) dans l'optique de soutenir des start-up fondées par des femmes à hauteur de 75 000 euros chacune (EUROPE 12761/27).
À noter qu'un index sur l'égalité des genres et la diversité dans l'innovation sera mis sur pied pour identifier les déséquilibres et les lacunes et y remédier.
Enfin, plusieurs mesures viseront à simplifier, sur la base de l'expérience acquise, les processus du Fonds du CEI, de l'accélérateur (appels à projets lancés en mars/juin/octobre). Par ailleurs, l'approche du CEI axée sur les défis ('EIC challenges') sera dotée de 500 millions d'euros « pour permettre aux start-up de développer des technologies vertes et construire une autonomie stratégique dans des domaines tels le quantique, le spatial ou le médical », a relevé la commissaire.
Plus d'informations sur le programme de travail du CEI : https://aeur.eu/f/99
Participation de pays tiers à Horizon Europe. Interrogée sur la lettre ouverte de chercheurs britanniques et suisses appelant à un déblocage dans la participation de leur pays au programme Horizon Europe, Mme Gabriel a indiqué que la Commission européenne avait tout fait pour que les chercheurs de ces pays puissent clore les projets lancés sous Horizon 2020 et/ou participer à des appels d'offres sous Horizon Europe.
Néanmoins, a-t-elle rappelé, pour bénéficier d'une aide financière, il faut qu'au moment de la signature du projet, l'association du pays tiers au programme Horizon Europe soit effective. « C'est une échéance qui se rapproche », a noté la commissaire. (Mathieu Bion)