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Bulletin Quotidien Europe N° 12839
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

L’ECDC et l’EMA recommandent le recours rapide à une dose de rappel de vaccin contre la Covid-19 pour tous les adultes

Des représentants du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de l’Agence européenne des médicaments (EMA) ont appelé les États membres, mercredi 24 novembre, à « envisager de toute urgence » l’administration de doses de rappel des vaccins contre la Covid-19 « pour les personnes de plus de 40 ans et, plus largement, pour toutes les personnes éligibles à la vaccination ».

La dernière prise de position des deux organisations européennes sur le sujet remontait au mois de septembre (EUROPE 12782/22) : l’ECDC et l’EMA n’avaient alors pas jugé « urgent » d’administrer une dose de rappel à la population globale. Mais la situation sanitaire a empiré depuis, ces dernières semaines en particulier.

L’ECDC a publié mercredi une évaluation des risques ('risk assessment') fondée sur de nouveaux scénarios de modélisation : selon ces derniers, la charge - c'est-à-dire les hospitalisations, les décès - liée à la propagation du variant Delta du SARS-CoV-2 dans l'UE et l’Espace économique européen (UE/EEE) sera très élevée en décembre et en janvier, si aucune mesure n’est prise pour y faire face.

Dans l’UE/EEE, les taux de notification des cas de Covid-19 pour 100 000 habitants à 14 jours sont passés d’un peu moins de 200 en octobre à environ 400 en novembre – ils tournaient autour des 600 il y a un an.

Dans l'ensemble, c’est dans les pays où la couverture vaccinale est plus faible et où le rythme de déploiement des vaccins est plus lent que la situation est la plus préoccupante, note l’ECDC.

« Toutefois, le taux d'utilisation de la vaccination complète dans la population totale a commencé à plafonner dans de nombreux pays, et une détérioration de la situation épidémiologique est observée même dans les pays où le taux d'utilisation est parmi les plus élevés », précise le Centre.

Face à cet affaiblissement de l'immunité vaccinale, l’ECDC et l’EMA - en s'appuyant sur les données cliniques disponibles concernant l'efficacité de la troisième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech et sur les preuves positives provenant d’Israël et du Royaume-Uni - plaident donc pour l’administration de doses de rappel.

Des recommandations pratiques à cet effet ont déjà été publiées par l'EMA pour les deux vaccins à ARN messager autorisés dans l'UE (EUROPE 12805/8, EUROPE 12820/21). 

Déficit d’immunité et mesures non-pharmaceutiques

Le responsable des menaces sanitaires biologiques et de la stratégie en matière de vaccins de l’EMA, Marco Cavaleri, et la directrice de l’ECDC, Andrea Ammon, ont par ailleurs insisté mercredi, en conférence de presse, sur l’urgence de coupler l’administration de doses de rappel à deux mesures complémentaires, afin d’éviter que les scénarios annoncés se concrétisent.

La première de ces deux mesures est d’améliorer la couverture vaccinale. 76,5% de la population adulte de l'UE/EEE a à ce stade été entièrement vaccinée contre la Covid-19. Ce taux n’a pas encore atteint les 50% dans certains pays. Trop d’adultes sont donc encore exposés à des risques d’infections graves, déplore l'ECDC.

« Les prévisions montrent qu'un grand nombre de personnes nouvellement admises à l'hôpital à cause de la Covid-19 seront des personnes non vaccinées, en particulier des personnes non vaccinées appartenant à des groupes à risque. Le niveau global actuel de couverture vaccinale dans l'UE/EEE sera insuffisant pour limiter la charge des cas et des hospitalisations dues à la Covid-19 au cours des mois d'hiver, et les pays ayant des niveaux de vaccination plus faibles sont plus à risque », indique par ailleurs le Centre dans son évaluation.

Ce déficit de vaccination ne pourra toutefois être comblé rapidement et, par conséquent, « laisse une grande marge de manœuvre pour la propagation du virus », déplore-t-il par ailleurs.

L’ECDC comme l’EMA recommandent donc également la réintroduction d’interventions non pharmaceutiques, telles que le lavage des mains régulier, le maintien des distances physiques ou encore le port du masque.

Ne pas attendre que la situation empire permettra d’éviter le retour de mesures plus restrictives telles que les confinements, a souligné Andrea Ammon, appelant les autorités nationales à faire un effort de communication pour expliquer l’importance de ces mesures.

Mme Ammon comme M. Cavaleri ont en outre rappelé qu’il était d’autant plus important de se mobiliser que nous approchons de la période des fêtes, pendant laquelle davantage de personnes voyageront et se rassembleront à l’intérieur.

Pour consulter l’évaluation des risques de l’ECDC : https://bit.ly/3xih4qm (Agathe Cherki)

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