Dans sa première Recommandation générale officialisée ce jeudi, le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) définit et encadre la dimension numérique de ces violences. Une publication qui intervient à la veille de la Journée internationale des Nations Unies pour l’élimination des violences à l’égard des femmes et des filles, elle-même centrée sur le numérique.
L’évolution rapide des technologies de l’information et des outils de communication ouvre de nouvelles voies à ces violences, constate le GREVIO en pointant les nouveaux modes de harcèlement en ligne et les agressions facilitées par des applications de traçage obtenues légalement. Cependant, déplore-t-il, les législations nationales sont encore trop désarmées pour y faire face.
C’est en ce sens que les experts du Conseil de l’Europe ont élaboré cette Recommandation qui définit ces violences numériques en tant qu’expressions de la violence fondée sur le genre couverte par la « Convention d’Istanbul ».
Ce nouveau texte a pour but d’offrir aux États une interprétation de la Convention qui permette de l’utiliser dans la lutte contre la dimension numérique de la violence à l’égard des femmes et de la violence domestique.
Au titre des mesures spécifiques, il propose notamment : la révision des législations, la lutte contre les stéréotypes de genre, l’inclusion du numérique et de la sécurité en ligne dans les programmes scolaires, l’information sur les voies de recours et de soutien, la formation des forces de l’ordre, la publication par la justice pénale de rapports sur ces violences numériques, la collecte de données spécifiques et l’implication des intermédiaires Internet.
Pour Arnaud Dechoux, responsable « Europe » chez Kaspersky (société internationale de cybersécurité), « le Conseil de l’Europe est le premier à traiter en profondeur le sujet des violences numériques ».
Lien vers la Recommandation : https://bit.ly/3cHSWEb (Véronique Leblanc)