Alors que l'Europe est l'épicentre du rebond de l'épidémie du variant delta du coronavirus SARS-CoV-2, l'écrasante majorité des eurodéputés - gauche, droite, libéraux-, s'est alarmée, mercredi 24 novembre, de l'écart de vaccination entre l'UE, vaccinée à 76%, le monde, à 46%, et l'Afrique, à 6%, jugeant cet écart « scandaleux ».
Lors d'un débat en session plénière sur 'comment vacciner le monde' contre la Covid-19, ils ont demandé, « au nom de la solidarité», d'accélérer les efforts pour vacciner le monde entier.
« On doit faire plus et plus vite. Plus nous tarderons, plus nous serons vulnérables aux nouveaux variants », a estimé l'eurodéputée Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française), coprésidente de la Facilité Covax pour l'accès équitable et universel aux vaccins (EUROPE 12837/15). Selon elle, l'écart de vaccination avec l'Afrique « crée une blessure entre les deux continents ».
Aux États membres de l'UE, qui ont promis de donner 300 millions de doses d'ici à la fin 2021, elle a demandé de « «donner plus vite et via Covax, car on est à 95 millions ».
À la Commission, qui a promis 200 millions de doses, elle a dit : « il manque des seringues, des frigos et des doses risquent d’être perdues ».
Elle a aussi appelé l'industrie pharmaceutique à faciliter les livraisons et à faire preuve de plus de transparence sur le calendrier de production et de livraison.
Le ministre slovène des Affaires étrangères, Anže Logar, a estimé qu'il faut rester vigilant et poursuivre la vaccination, car « personne ne sera en sécurité tant que tous ne le seront pas », selon le slogan apparu en avril 2020.
Il a dit sa fierté que l'UE soit 'leader' avec 3 milliards d'euros de soutien à Covax. Toutefois, si l'UE a livré 425 millions de doses dans plus de 140 pays, « le chemin est encore long pour se rapprocher de l'objectif de livrer 1,8 milliard de doses à 92 pays à faibles ou moyens revenus d'ici fin 2021 ».
Se disant « extrêmement préocccupé, car le faible taux de vaccination en Afrique retarde l'objectif de vacciner 70% de la population mondiale en 2022 », Tomas Tobé (PPE, suédois) a appelé les États membres à honorer leurs promesses.
Pour Helène Fritzon (S&D, suédoise), si « la pandémie est en cours d'accélération alors que nous avons des vaccins », c'est en raison des inégalités vaccinales entre pays. « Il faut faire preuve de solidarité. Il faut une volonté politique ».
Silvia Modig (La Gauche, finlandaise) et Sara Matthieu (Verts/ALE, belge) ont fustigé l'opposition de la Commission à la levée des brevets sur les vaccins à l'OMC.
Évoquant les effets secondaires avérés des vaccins anti-Covid-19, Francesca Donato (non-inscrits, italienne) a déploré que le principe de précaution soit « foulé aux pieds ». Selon elle, « la question à se poser n'est pas comment vacciner le monde entier, mais pourquoi, car il s'agit de thérapies expérimentales à ARN messager qui ne font que réduire pendant quelques mois la probabilité de faire une maladie grave ». (Aminata Niang)