Les représentants de plusieurs groupes politiques du Parlement européen ont appelé, mardi 23 novembre dans la soirée, à des sanctions contre Milorad Dodik, le président de la République serbe de Bosnie. Les États membres sont divisés sur l’adoption de telles mesures.
« L’UE ne peut pas rester les bras croisés, elle doit jouer un rôle beaucoup plus fort et utiliser tous les outils dont elle dispose. Il faut mettre la pression et décider même des sanctions afin de préserver l'intégrité territoriale, l'unité et la paix », a estimé Pedro Marques (portugais), au nom du S&D, soutenu par Klemen Grošelj (Renew Europe, slovène), qui a souhaité des sanctions à l’encontre de ceux qui veulent démembrer le pays.
« Milorad Dodik joue un jeu dangereux en remettant directement en cause l'intégrité territoriale, la souveraineté et la sécurité de la Bosnie-Herzégovine. Nous ne pouvons l'accepter », a prévenu Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise), appelant à des sanctions à son encontre et à ceux qui le soutiennent.
Demandant à l’UE d'agir de « manière décisive, claire et sans ambiguïté », Fabio Massimo Castaldo (italien, non inscrit) a estimé que M. Dodik n’était pas le seul à souffler « dans le vent du nationalisme, avec son désir de faire sécession », mais qu'il y avait aussi de nombreux acteurs extérieurs, dont certains États membres de l'UE.
À l’inverse, Thierry Mariani (ID, français) s’est opposé à des mesures. « Qui peut croire une seconde que les sanctions apportent le début d’une solution ? », s’est-il interrogé, estimant que la situation était une « démonstration flagrante de l’échec diplomatique de l’UE », qui est un « acteur humilié » en Bosnie-Herzégovine.
Les députés ont souligné l’importance de garder l’unité du pays. « Les trois communautés doivent se rassembler et être prêtes à faire des compromis afin de trouver une solution durable, non seulement pour la réforme de la loi électorale, mais aussi pour tous les autres sujets importants liés à la sécurité et à la perspective sociale des citoyens de ce pays », a ajouté Andrey Kovatchev (PPE, bulgare). (Camille-Cerise Gessant)