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Bulletin Quotidien Europe N° 12806
CONSEIL EUROPÉEN / Balkans occidentaux

Les dirigeants des États membres de l'UE rappellent leur attachement à la région

Les dirigeants des États membres de l’UE ont fait part, mercredi 6 octobre, à l'occasion du sommet UE/Balkans occidentaux à Brdo pri Kranju, de leur attachement à la région des Balkans occidentaux.

Ainsi, dans la déclaration qu'ils ont adoptée et à laquelle leurs homologues des six pays de la région se sont associés, les dirigeants rappellent le « soutien sans équivoque » à la perspective européenne de la région et leur engagement au processus d’élargissement et aux décisions prises dans ce cadre « sur la base de réformes crédibles, menées par les partenaires, d'une conditionnalité équitable et rigoureuse et du principe des mérites propres ».

« Cette région relève d’une importance stratégique pour l’UE », a rappelé le président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue du sommet, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé que « les Balkans occidentaux font partie de l'UE (…) nous sommes une famille européenne ». « Nous partageons la même histoire, les mêmes valeurs et nous sommes convaincus que nous partageons également le même destin », a-t-elle ajouté. 

« L'UE doit continuer à s'élargir (…) Il lui manque les Balkans occidentaux. Je suis critique, cela aurait pu être mieux, mais j'ai toujours l'espoir que l'UE reste fidèle à son essence qui est l'élargissement », a estimé pour sa part le Premier ministre kosovar, Albin Kurti.

Janez Janša plaide pour un calendrier

Si la mention de la date de 2030 comme date limite pour l’adhésion des pays de la région à l’UE n’a pas été reprise dans la déclaration finale, le Premier ministre slovène, Janez Janša, qui accueillait le sommet, a précisé qu’il aurait voulu qu’un calendrier fût proposé « pour prévoir les différentes étapes pour la décennie à venir ». Il a rappelé que cela avait été le cas pour les pays qui ont adhéré à l’UE en 2004 et que cela avait permis à ces pays de savoir de combien de temps ils disposaient pour réaliser telle ou telle réforme et était donc une incitation supplémentaire pour mener ces réformes.

Pour le Letton Arturs Krišjānis Kariņš, tout comme pour la chancelière allemande, Angela Merkel, il ne s’agit pas d’une question de date, mais de réformes. « Je ne crois pas vraiment à la fixation de dates, je crois au respect de nos promesses : une fois les conditions remplies, l'adhésion peut avoir lieu », a ainsi expliqué cette dernière.

Dans la déclaration, l'UE se félicite de l'attachement des Balkans occidentaux à la primauté de la démocratie, des valeurs et des droits fondamentaux et de l'État de droit et de leur volonté de poursuivre leurs efforts dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, de soutenir la bonne gouvernance, les droits de l'homme, l'égalité entre les sexes et les droits des personnes appartenant à des minorités. « La crédibilité de ces engagements dépend de la mise en œuvre effective des réformes nécessaires et de l'établissement d'un bilan solide étayé par une communication publique claire et cohérente », prévient la déclaration.

« Les pays des Balkans occidentaux ont parcouru un long chemin, ils ont fait beaucoup de réformes. Il reste du travail à faire sur le système judiciaire, les médias... mais nous devons reconnaître les efforts accomplis », a estimé Mme von der Leyen. Selon M. Michel, les dirigeants de l'UE et des Balkans occidentaux sont convenus d'intensifier leur travail sur les valeurs fondamentales, l’État de droit et la lutte contre la corruption.

Faire avancer le processus d’adhésion

Malgré les progrès, les avancées dans le processus d’adhésion sont limitées. « Nous nous sommes engagés à la pleine intégration et à l’adhésion des Balkans occidentaux au sein de l'UE et nous devons donc prendre nos responsabilités et les décisions qui mènent à cela, c'est-à-dire ouvrir la première conférence intergouvernementale avec la Macédoine du Nord et l’Albanie, ouvrir des clusters (de chapitres) de négociation (d’adhésion) avec la Serbie, accélérer notre travail pour que la Bosnie-Herzégovine devienne un pays candidat et accorder l'exemption de visa avec le Kosovo », a résumé le commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi.

Selon M. Borrell, « il faut donner une continuation crédible au processus d’adhésion, mais, pour cela, il faut travailler chacun de son côté ». « Les pays candidats doivent continuer dans les réformes et résoudre les problèmes entre eux (...) et du côté de l’UE, des États membres, il faut être prêts a satisfaire nos engagements », a-t-il expliqué à EUROPE.

M. Borrell, tout comme le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ont fait part de leur désarroi concernant le blocage bulgare à l’adoption du cadre des négociations de la Macédoine du Nord et, par ricochet, de l'Albanie. « C’est un problème qui traîne depuis trop longtemps, sans, à mon avis, une raison qui justifie ce délai », a jugé Josep Borrell auprès d'EUROPE. M. Rutte s’est dit « vraiment mécontent » que les négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord soient toujours bloquées, espérant une évolution après les élections bulgares, prévues pour la mi-novembre. Toutefois, pour le président bulgare, Roumen Radev, il ne s'agit pas tant des élections que de trouver un accord sur les conditions posées par son pays à Skopje.

M. Michel a précisé que les dirigeants allaient intensifier leur travail sur la résolution des conflits. « Nous avons eu l’occasion de dire que l’on souhaite que des progrès soient réalisés, nous sommes prêts à assumer notre part de responsabilité », a-t-il promis, ajoutant qu’il fallait de la volonté politique dans les pays concernés pour pouvoir avancer.

« Des efforts décisifs sont nécessaires pour favoriser la réconciliation et la stabilité régionale ainsi que pour trouver et mettre en œuvre des solutions définitives, inclusives et contraignantes aux différends bilatéraux des partenaires et aux questions ancrées dans l'héritage du passé », précise la déclaration de Brdo. Pour sa part, Mme von der Leyen a rappelé que « le dialogue, la volonté de résoudre les problèmes et la capacité de s'attaquer à des questions difficiles sont au cœur de l'Union européenne ».

 « Notre souhait est véritablement de pouvoir redonner des perspectives à court terme aux Balkans, qui sont au sein de l’Europe. Mais aujourd’hui, nous avons en quelque sorte un retour de l’histoire et des grandes tensions, nous devons y répondre par de l’engagement politique et de l’investissement », a ajouté le président français, Emmanuel Macron.

L'UE, partenaire clé de la région

Car, au-delà de la question de l’élargissement, les discussions du sommet ont porté sur le soutien de l’UE à la région. « L’UE est, de loin, le partenaire le plus proche de la région, le principal investisseur et le principal donateur », rappelle la déclaration, ajoutant qu’il est nécessaire que ce soutien soit pleinement reconnu et que cela soit relayé par les pays des Balkans occidentaux dans leur débat public et leur communication.

« Il est important de faire comprendre aux Balkans occidentaux à quel point nous tenons à eux et que nous sommes leur partenaire préféré », a estimé la présidente de la Commission européenne alors que, pour le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, si les Européens lâchaient les Balkans, « d’autres puissances iraient » dans la région. La Russie, la Chine et la Turquie s’intéressent à la région. 

Preuve de l’intérêt de l’UE : la Commission européenne a lancé un plan économique et d’investissement pour la région doté de 9 milliards d’euros et qui doit permettre de mobiliser jusqu’à 30 milliards, l’équivalent d’un tiers du PIB de la région. La mise en œuvre aura d’autant plus de poids que la région sera intégrée économiquement.

La déclaration souligne donc la nécessité de faire des efforts supplémentaires dans la mise en œuvre de la création du marché régional commun, qui, selon Mme von der Leyen, pourrait être aussi bénéfique que le marché intérieur l’est pour l’UE. Les dirigeants se sont également engagés à augmenter leurs efforts pour renforcer l'intégration des Balkans occidentaux au marché unique de l'UE. 

La déclaration confirme aussi le soutien de l’UE à la région des Balkans dans la lutte contre la Covid-19. Si ce soutien a été lent au début de la pandémie, depuis, l’UE a déjà fourni, selon la déclaration, 2,9 millions de doses de vaccins. « L'UE soutiendra les plans de vaccination de tous les partenaires afin de contribuer à atteindre des taux de vaccination similaires à la moyenne de l'UE d'ici la fin de 2021 », précise la déclaration. De plus, l’UE et les États membres ont fourni un soutien économique et sanitaire à la région se montant jusqu’à présent à 3,3 milliards d’euros. 

Par ailleurs, en marge du sommet, un programme spécifique pour les Balkans occidentaux en matière d'innovation, de recherche, d'éducation, de culture, de jeunesse et de sport - dénommé 'Programme d'innovation pour les Balkans occidentaux' - a été lancé.

Les dirigeants de l’UE et des Balkans occidentaux sont convenus de tenir un nouveau sommet en 2022.

Voir la déclaration : https://bit.ly/3ahSpY0 (Camille-Cerise Gessant et Léa Marchal)

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